Jardin à Pois, Rhonelle et alentours

» Catégorie : Famars


-Exposition « L’Horizon bleu »

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Affiche

Exposition visible aux horaires d’ouverture habituels de la bibliothèque  jusqu’au 19 Octobre 2016

Dix milliards de lettres

Les maquettes de M. Detournay

M.Detournay de Quérenaing est un passionné de maquettes, les siennes  sont réalisées avec des matériaux de récupération. Vous ne les trouverez pas  dans le commerce elles sont uniques.

Ci-dessous quelques photos des véhicules et tanks de la guerre 14-18 exposés à la Bibliothèque de Famars.

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M.Detournay s’inspire de photos, publications, …pour confectionner ses maquettes avec beaucoup de passion.

Les  journées du patrimoine sont également une bonne source  de documentation.

Ci-dessous une photo prise à Flesquières (Près de Cambrai)  d’un char Type Mark IV Female  sorti de son ensevelissement par un passionné de la terrible « Bataille de Cambrai »pendant laquelle des chars ont été utilisés pour la première fois dans un conflit.

 Seul le tank de Flesquières est visible de nos jours en France

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Pour en savoir plus; cliquez ici. Site ! Tourisme en Cambrésis.

 

Fin de l’ article

-Black city plays Indochine

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Ce soir 18 juin 2016  malgré un ciel très couvert les Sarrasins (pas les plus jeunes) se sont retrouvés dès 19H00 sur la place des déportés pour assister à un concert organisé par la municipalité.

Le groupe Belge, Black city plays Indochine  « cover » du groupe Français  Indochine, accompagné de ses nombreux fans outre-frontière a réchauffé l’atmosphère sarrasine. Nombreux étaient ceux qui reprenaient en cœur les refrains des chansons des années 80. « Trois nuits par semaine » c’était il y a trente ans (sortie en 1985) mais beaucoup se souvenaient des paroles.

Ci-dessous : affichette distribuée dans nos boites aux lettres et figurant sur le site de la mairie.  http://www.famars.fr/

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Quelques vues du concert :

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Un des « suiveurs » du groupe, en tenue assez excentrique qui n’est autre que l’animateur nommé « Moïse » de la radio Belge en ligne  « IndoFan la Radio2 « .

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Le chanteur qui, reconnaissons le, s’est bien identifié au chanteur Nicola Sirkis du groupe Indochine.(La mèche dans les yeux fait partie du personnage).

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Fin de l’article très différent des articles précédents, certes, mais  il faut savoir se renouveler et se prendre un peu moins au sérieux et se distraire.

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Ci dessous une vidéo YouTube filmée sur une autre scène.

Source: https://youtu.be/AzppwbBh0hk

Site du groupe

http://www.blackcity-indochine.com/

 

-Archéologie expérimentale

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Le minerai de fer de Famars

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1°) Avant propos

Lors des fouilles archéologiques de Famars de 2012 Raphaël Clotuche (Coordinateur  INRAP des fouilles de Famars) et son équipe ont découvert un gisement de minerai de fer à ciel ouvert (limonite). L’histoire aurait pu en rester là mais l’espoir était grand de tenter un jour l’expérience de la réduction de ce minerai en fer.

Cette occasion s’est présentée ces 29 et 30 Août 2015.  En effet l’ Archéosite® d’Aubechies-Beloeil en Belgique avait convié les expérimentateurs en archéologie expérimentale à partager leur savoir faire. Toutes les reconstitutions d’habitations et d’ateliers allant du Néolithique à l’Age du fer avaient été mises à disposition des participants par M. Cl. Desmaret directeur de l’ Archéosite.

Quelques échanges de mails enthousiastes et nous nous retrouvons, Raphaël Clotuche, Fréderic Vrevin webmaster du site « Fodere & Visum » étudiant en archéologie, Julie Flahaut qui étudie la céramique de Famars  et Georges Biron rédacteur du site « Famars Chronique Sarrasine » ce samedi 29 Août dans la forge de l’Age de fer où des reconstituteurs-archéologues ont préparé le matériel de l’expérience.

 

2°) Affiche-Programme de ces journées.

À noter que parallèlement à ces expériences d’archéologie expérimentale se tenaient de nombreuses démonstrations  de commandement de troupes romaines et celtiques.

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3°) l’expérimentation.

À notre arrivée deux bas-fourneaux construits par les reconstituteurs-archéologues nous attendent, le premier est allumé au charbon de bois, l’autre le sera le lendemain.

Les 90 kg du minerai de fer de Famars ont été chauffés le matin même pour en chasser l’humidité et rendre les cailloux de minerai plus friables.

Ci-dessous le bas-fourneau et ses deux soufflets qu’il va falloir manœuvrer alternativement pendant des heures

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Le même en gros-plan, il n’est pas certain que la décoration soit d’époque  :-)

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La photo ci-dessous résume les différentes étapes du processus.

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Repère 1 : Le minerai de fer sous forme de cailloux qu’il va falloir réduire en poudre

Repère 2 : L’éponge obtenue après de nombreuses heures de réduction du minerai dans le bas-fourneau.

Repère 3 : le lingot de fer obtenu après martellement de  l’éponge .

Repère 4 : un  lingotin  obtenu du lingot précédent, c’est sous cette forme qu’il était utilisé par les forgerons pour la fabrication d’outils, d’armes, ustensiles ménagers…etc.

Les spécialistes nous expliquent le mode opératoire

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Et c’est parti comme au bagne, on casse des cailloux, sans se taper sur les doigts.

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Le minerai est bien rouge, cela présage une réussite de l’expérience.

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Après le repas de midi pris en commun à la cafétéria où nous  côtoyons des légionnaires  en armures, des gladiateurs, des gaulois, un druide…bref « la Pax Romana », nous rejoignons ceux qui continuent à casser des cailloux et qui attendent la relève.

Après  quelques kg de minerai  réduit en poudre le chargement du bas-fourneau peut commencer. Mais pour que l’expérience soit scientifique chaque étape est chronométrée, chaque chargement de minerai est pesé, même chose pour le chargement de charbon de bois. Toutes les 10mn il faudra fournir au monstre  1kg de poudre de minerai et 1kg de charbon de bois. Cette procédure suit celle qui avait été testée récemment en Tchéquie. En expérimentation on ne change qu’un paramètre à la fois (cette fois c’est le minerai)

Pesage des ingrédients avec une bascule (romaine bien sûr).

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Nous nous relayons, les uns cassent des cailloux tandis que deux autres pompent alternativement avec les soufflets de façon à avoir un débit d’air constant. Puis par rotation d’autres prennent le relais. Un Allemand habillé en Germain nous est même venu en aide :-)

Ci-dessous le  bas-fourneau en plein travail.

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Il est presque 14H00 le public va bientôt envahir l’archéosite. Les « acteurs »  ajustent leurs équipements.

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Le centurion  Benoit Briand est en fait le président de la troupe Légion XXII Ave Bagacum, Nous entamons  une conversation, il me parle des représentations données dans la région et s’étonne de ne jamais avoir été contacté par les édiles de Famars.

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Les premiers visiteurs arrivent, il est temps de retourner casser des cailloux et de pomper des mètres cubes d’air.

Les troupes aux ordres déclamés en latin se placent pour le « spectacle ».

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En fin d’après midi il est temps d’éventrer le bas-fourneau.

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Et ce fut la déception de toute l’équipe, le bas-fourneau nous a concocté une grosse scorie . Est-ce dû au minerai qui a séjourné des milliers d’années exposé aux intempéries  sur une pente du Mont Houy de Famars ? A vrai dire, il y a bien du fer, mais il ne s’est pas aggloméré en éponge (qui se forme à l’endroit le plus chaud du four, attirant tout le fer) mais on a des éléments de fer épars qui ne peuvent donc pas être battus pour former un lingot.
Que cela ne tienne le lendemain l’équipe recommence l’expérimentation dans le deuxième Bas-fourneau  mais avec cette fois du minerai Brésilien et ce fut un succès.

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Conclusion : Cet exercice d’archéologie expérimentale nous a montré le chemin parcouru depuis l’âge de fer, de l’acharnement qu’il a fallu  à nos anciens pour, échec après échec, arriver à produire un métal qui a marqué le début de notre histoire commune.

Ci-dessous le lien vers le reportage de la RTBF tourné à Aubechies.

https://www.rtbf.be/video/detail_archeologie-experimentale-a-aubechies?id=2039299

Fin du reportage.

Contributions photos:  Frédéric Vrevin et  Georges Biron.

 

« Étudie le passé si tu veux connaître l’ avenir »

Confucius (551-479 av. J-C)

 

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-Les ponts sur la Rhonelle à Famars

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1°) Pourquoi un article avec pont au pluriel ?

La plupart des Sarrasins (habitants de Famars), des promeneurs, des randonneurs, des « VTTistes » ne connaissent que le pont de la Tranquillité qui permet de traverser la Rhonelle en bas du « chemin des Postes ». Ce pont est même emprunté certaines années par le Paris-Roubaix.

Vous découvrirez la réponse en lisant/regardant cet article

Photo du pont de la tranquillité actuel.

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Tranquillité est le nom du lieu-dit et non pas un nom convenant à la Rhonelle. Cette rivière qui fait au plus 4m de large se permet à certaines époques d’inonder le bas des villages situés en aval :Aulnoy et Marly. La dernière inondation importante date de 2002 voir autre article de ce blog en cliquant ici.  À une époque elle contribuait à la défense de Valenciennes en inondant le sud de Valenciennes lors de fermeture de la porte d’eau dite « tour de la Dodène » sise dans les remparts.

2°Maintenant faisons un bon en arrière de 2000 ans dans l’Histoire, à l’époque Gallo-Romaine.

 Ce pont de la tranquillité n’existait pas sous cette forme pour  la bonne raison que la Rhonelle était beaucoup plus large. C’était donc un autre pont  qui enjambait la Rhonelle qui d’après les archéologues de l’INRAP faisait 30 à 60m de largeur. Des passionnés d’archéologie, s’appuyant sur des données provenant des archéologues ont pu dessiner l’image de synthèse ci-dessous.

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Attention cette image est sous copyright  ©Fodere et Visum (site fermé, en cours de refonte)

A quoi pouvait donc bien servir un tel pont ? En fait, il se situait sur la voie antique appelée par la suite « Chemin des postes » qui reliait la ville de Mons à Famars .Une autre voie totalement disparue reliait Bavay, capitale administrative des Nerviens à Arras capitale des Atrébates en passant par Famars et Lewarde. Ce n’était pas une huitième chaussées Brunehaut tracées au Néolithique et pavées, dallées et entretenues par les Romains mais une chaussée Romaine. Venant de Bavay, elle entrait dans le territoire de Famars au niveau du chemin de Saméon  puis bifurquait sur le chemin des postes, traversait  la ville et se dirigeait vers Trith

Maintenant en exclusivité, en cliquant ici, vous découvrirez une vidéo 3D de la Rhonelle, du « chemin des postes », de la « cavée », du pont de la tranquillité, de l’ embarcadère et des embarcations du début de notre ère. En arrière plan le théâtre de Famars situé sur l’actuelle rue des aubépines. Cette vidéo qui concrétise les dernières recherches archéologiques m’est communiquée en exclusivité par les créateurs du Site ©Fodere et Visum (Site fermé, en cours de refonte)

Une  autre chaussée Romaine tracée et construite  également par les Romains reliait Fanum-martis (Famars) à Hermoniacum (Bermerain). Cette voie qui a pour nom actuel rue de Bermerain vient d’être en partie empruntée dans un nuage de poussière par le tour de France en Juillet 2015. Il est certain que cette voie n’a jamais connu autant de monde (sauf à l’époque ou les légionnaires l’empruntaient.)

Finissons cet aparté et revenons à la chaussée perdue reliant Bavay à Arras en passant par Famars.

Les archéologues de l’ Inrap  en ont trouvé des traces lors des sondages de 2008 effectués près du chemin de Saméon. Ils soupçonnent la présence d’un embarcadère sur la Rhonelle à proximité du pont. Seuls des nouveaux sondages pourraient confirmer cette hypothèse.

 

Ci-dessous une reconstitution des embarcations qui naviguaient sur la Rhonelle. Photo prise à l’Archéosite d’ Aubechies (Belgique).

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Il y a quelques années à Trith lors de la mise au gabarit de l’Escaut  d’autres archéologues avaient trouvé,  une sorte de mille feuilles de matériaux typiques d’une chaussée Romaine à flanc de rive fraîchement abattue.

-Les ponts sur la Rhonelle à Famars dans Archéologie gue-de-trith-st-legerSource: site Persée:

http://www.persee.fr/doc/rnord_0035-2624_1989_num_71_280_4432?q=famars

On peux en déduire qu’il existait à ce niveau également un pont romain, sur l’Escaut cette fois. D’ailleurs un hameau qui avait pour nom Pont-de-Trith  puis Pont figure dans les albums de Croÿ . Ce village maintenant disparu a été absorbé par l’agglomération de Trith. Cette toponymie pourrait accréditer cette hypothèse.

On trouve sur le site internet de la mairie de trith

« En 1170, le village, étalé sur les deux rives de l’Escaut, s’appelait Pont de Trith (de « trajectus », passage de cours d’eau), ancien mot tudesque que l’on retrouve dans les noms d’Utrecht et Maastricht, et qui indiquait le vieux passage établi sur l’Escaut.Un vieux pont recevait un sentier descendant directement de Famars et remontant vers le hameau auquel Saint-Léger donna son nom à cause du martyre qu’il y souffrit. » 

3°Faisons un bond de quelques siècles (au moyen âge).

 Le controversé Jacques de Guyse (1340-1399) entreprend au XIV ème siècle l’écriture des chroniques du Hainaut. Il visite toutes les abbayes du Hainaut et recueille la documentation et les traditions orales de l’époque.

 Il est controversé par les antiquaires (Savants qui s’occupent de l’antiquité), par de nombreuses sociétés historiques, même récentes, qui éprouvent des difficultés à différencier les légendes de la réalité historique. Un exemple : Tous les archéologues et chroniqueurs, écrivains, même ceux de la fin du XXème siècle affirmaient que Jacques de Guyse se trompait quand il écrivait que le roi de Famars avait été exécuté par César sur le Théâtre de Famars. Pour eux ce récit est une légende car il ne pouvait pas y avoir de théâtre à Famars. Il n’y en avait jamais eu. (Je crois que pour une personne savante le mot jamais  devrait être exclu du vocabulaire !)

Les substructions de ce théâtre qui ne pouvait pas exister ont été découvertes par les archéologues de l’INRAP en 2004. Voir à ce sujet un autre article de ce blog en cliquant ici.

Bien sûr il y a un anachronisme dans ce passage, puisque le Roi  (ou Duc) Hanwide de Famars ne peut pas avoir été exécuté sous les ordres de César puisque la ville venait d’être conquise et que le théâtre gallo-romain ne pouvait donc pas encore avoir été construit. Néanmoins si dans ses écrits Jacques de Guyse  parle du théâtre de Famars c’est que la tradition orale  ou ses prédécesseurs en avait gardé le souvenir.

Le pont Néron de Famars.?

IRPA KIKAttention : La copie de cette photo est interdite sans en avoir obtenu les droits de réutilisation. Cette photo est sous copyright © KIK-IRPA , Bruxelles .

N° de dossier Z006477 pour ce blog.

Source : Institut Royal du patrimoine artistique. Bruxelles : Lien vers le site de l’ IRPA : Cliquez ici

Description: fol. 270 v. Construction du pont de Néron et de la route à Famars

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Ceux qui connaissent un peu l’histoire de Valenciennes vont me laisser un commentaire disant que le pont Néron n’a jamais été construit à Famars mais à Valenciennes…Pourtant c’est la description  de cette peinture sur parchemin datée de 1447.

L’image  ci-dessus reproduit le dessin exécuté par le peintre Roger Van der Weyden, Le scribe en était Jaquemin du Bois.

À mon avis la description a été mal traduite elle aurait pu être écrite « Construction du pont Néron et de la route de Famars, » car il s’agissait de la chaussée qui partait de Famars traversait l’Escaut sur le pont Néron à Valenciennes pour rejoindre Tournai.

Au fait. Pourquoi « pont Néron »  pour ce pont qui se trouvait entre l’extrémité de la rue de Lille actuelle et la rue de l’Intendance, peu après la confluence de l’Escaut et de la Rhonelle ?

-Certaines sources citent le pont « Néro »  car le pont en bois était noir (néro).

- Une autre source : Voir ci-dessous un extrait de «  l’Histoire de Tournay » de Jean Cousin (1618) Google Books cliquez ici page 79, qui nous apprend que c’est Tibérius Néro qui aurait réparé le pont sur l’Escaut dit Pont Néron (à ne pas confondre avec L’empereur incendiaire Néron).

Pont Nero et Famars

Tiberius Néron (en latin : Tiberius Claudius Nero), né vers 85 av. J.-C. et mort en 33 av. J.-C., est un général et homme politique romain. Source Wikipedia

En 1839 M. Benezech dans son « Etudes sur l’ Histoire de Hainaut de Jacques de Guyse » écrit page 56 (source google Books): « Le pont Néron d’abord construit en bois eut sa direction changée par Annolinus préfet de Rome et bâti en pierre ».

M. Benezech écrit page 57 que Annolinus fit construire une route en pierres de Bavai à Tournai et fit transporter sur l’Escaut, près de Valenciennes le pont Néron qui était auparavant auprès de Famars et avait été plus anciennement à Escaupont ».

D’Oultreman historien Valenciennois écrit que le pont fût réparé par le comte Béranger en l’an 831

Qu’ en déduire de tout cela: Que le pont Néron a été construit à Famars ? . Cela voudrait dire que le dessin sur parchemin ci dessus n’est pas si naïf que cela.

Si on observe  le dessin, on pourrait l’interpréter ainsi:   Famars se trouve à Gauche , la route qui conduit à Bavay est en cours de pavement et à l’Horizon on trouve Tournai. Chaque ville est représentée par un château dont la taille pouvait donner une idée de l’ importance de la cité à l’époque. Mais il est évident qu’il ne s’agit pas de la représentation des villes de l’époque de Néron. Objectons également que si le pont Néron se trouvait pendant un temps à Famars sur la Rhonelle comment  traversait t’ on l’Escaut  ?

Il semblerait donc que la description de la peinture sur parchemin ci dessus: « fol. 270 v. Construction du pont de Néron et de la route à Famars« , soit vraisemblable dans la mesure où certains anciens textes précisent que Valenciennes se trouve en Famars.(nom du comté).

Ci dessous un extrait de : La société littéraire de Bruxelles: Mémoires: Volume 1 (1770 à 1772). Page 43   Source Google books.
 pont Néron dans Famars

A la recherche de la vérité plus on croit s’en approcher, plus elle s’ éloigne.

En cliquant ici vous avez accès à l’excellent site de Michel Blas qui publie toutes les cartes de Valenciennes depuis le moyen-age. Choisissez la carte du moyen-age A (le Boucq), vous trouverez le pont Néron au Nord de Valenciennes rep 7

Et maintenant pour conclure ce paragraphe, un cliché pris en 1949 par  M. Achille Trotin du C.S.P.V.constitue une véritable surprise, C’est un document historique . Le cliché montre la confluence de L’Escaut et de la Rhonelle juste avant le pont Néro . Le cliché a été pris lors de travaux de voirie pendant la reconstruction de Valenciennes.

Pont Néro en 1949

La reproduction de ce cliché est interdite sans l’accord de M. Achille Trotin du C.S.PV

Pour vous y repérer; En arrière plan on trouve la tour de l’église St Géry et à gauche du pont une face de la poste.

4° Le pont du moulin de Saméon

Une vue aérienne de Famars prise en 1959   montre le moulin de Saméon avec sa grange et un pont sur la Rhonelle.

Moulin de Saméon vue aaérienne-1959 Source Géoportail de l’ IGN

Un gros plan montre mieux ce pont.

Vue aérienne 1959 moulin de Saméon gros planSource Géoportail de l’ IGN

Ci-dessous ce qu’il reste du pont en 2012

Pont de Saméon 2012

Et puis un jour ce panneau est apparu.

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Les experts ont déterminé que pour assurer la continuité écologique de la Rhonelle il fallait contourner le moulin.

Continuité et contournement ces mots me semblent antinomiques ! Mais ce n’est que mon avis, je ne suis pas un spécialiste.

Contournement du Moulin. Photo panoramique: cliquez sur l’image pour l’agrandir

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Barrage en amont du moulin et du pont

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Le moulin hors d’eau

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Disparition du pont

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Un épisode est tourné, ce pont qui aurait pu être d’un intérêt certain pour un chemin de randonnée n’est plus.

Cependant nous ne sommes pas à la fin de l’histoire un nouveau pont vient d’être lancé sur la Rhonelle en amont du Moulin à la limite des territoires de Famars et de Artres.

Ce n’est pas la photo d’une attraction d’un parc de loisirs « accrobranche » mais le nouveau pont de singe destiné aux promeneurs, qui reste difficile à trouver faute de signalétique

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Fin de l’article

Certains nouveaux Sarrasins devraient ainsi découvrir une autre page de l’histoire de Famars et de la Rhonelle.

À bientôt

D’autres villages sont à découvrir en cliquant ici

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  LICENCE  CC-BY-NC-SA  Licence Creative Commons
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Pour les autres photos et illustrations: les sources sont citées.

       

 

-Famars et la grande guerre

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Famars et la grande guerre

En ce début Novembre 2014, dans le cadre de la commémoration du centenaire de la guerre de 1914-1918, le conseil municipal, le Cercle Historique et Archéologique Sarrasin , l’ association des anciens combattants ont organisé une exposition en Mairie  sur le thème « Famars et la grande Guerre ».

Les visiteurs ont pu découvrir grâce à de nombreuses photos , cartes postales et documents d’époque ce qu’était le quotidien de nos aïeuls dans un village en grande partie dévasté par les bombardements.

Quelques vues de l’exposition.

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Un peu de commentaires:

L’état major Allemand avait installé sur le terrain sur lequel se construit actuellement  le technopole de Valenciennes, la meilleure Jagdstaffelshule (école de pilotage) de l’époque.  Le fameux « baron rouge » Von Richtofen  y est même photographié. La présence de ce terrain  a été lourde de  conséquences pour le village  puisque le  château, l’église et les maisons avoisinantes du terrain d’aviation ont été détruits.

Ci-dessous quelques cartes postales  de Famars bombardé

-L’église

Famars l' église

À Noter   qu’après  la guerre le clocher de l’église a été reconstruit  à l’opposé de sa position de l’époque. (Avant la guerre  l’entrée de l’église s’effectuait face au château.)

-Intérieur de l’ église

1918 Eglise de Famars

Les  deux colonnes de soutient du clocher de l’église n’ont pas été reprises dans la reconstruction, toutefois une des deux a été conservée et se trouve à coté de l’église près de l’entrée du château actuel.. voir photo ci-dessous. (Certains suggèrent qu’il s’agit de colonnes qui proviennent du temple Gallo Romain dédié au Dieu Mars, qui n’a pas encore été retrouvé).

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-Entrée du Château Paillez

Famars entrée du Château Paillez

-La grande Rue

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-Une autre carte postale , montre un autre quartier dévasté, sa légende est «  Famars :Faubourg St Germain ». Or il semble que ce quartier n’ait jamais existé, des recherches effectuées par le C.H.A.S.  sur divers relevés du cadastre sont restées vaines. Il s’agirait d’une « coquille » du photographe de l’époque qui aurait confondu « rue de Maing » et  « St Germain ».

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Cette exposition qui a demandé de longues préparations et recherches n’a duré, hélas, que cinq jours .Dommage !

 

 

-The battle of Famars

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1°) Préambule : Pourquoi un titre en anglais pour cet article ?

 En fait, il s’agit d’une bataille perdue à Famars par l’armée du Nord le 23 Mai 1793 face aux alliés (Anglais, Autrichiens, Hollandais, Hanovriens………) lors de la défense de Valenciennes.

Mais comme le dit l’adage : l’histoire est écrite par les gagnants, cette défaite a donc été vite oubliée. Sauf par les confédérés.

2°) Comment en est-on arrivé là ?

D’abord il y a le contexte historique : En 1793  la première république vient d’être proclamée, les français ont guillotiné  leur roi le 21 janvier, toute l’Europe des rois, princes, empereur s’inquiète  et voudrait ramener à la raison ces français et leur république.

Le 1° Février la convention républicaine déclare la guerre à l’Angleterre et aux provinces unies ce qui entraine en réaction la première coalition  constituée des Britanniques, des Autrichiens, des Hollandais, des Russes, des Piémontais, des Sardes,  des Prussiens, des Espagnols, des Siciliens. Bref toute l’Europe se dirige vers nos frontières.

Les frontières du Nord

Le nord de la France  ne dispose pas de barrières naturelles, il a été de tout temps une terre d’invasion et d’occupation, le tracé de la frontière a toujours été très fluctuant. Les Nordistes ont été a différentes époques sous domination Autrichienne, Allemande, Espagnole au gré des invasions.(sans oublier toutes les invasions barbares du moyen âge)

Au siècle précédent Louis XIV avait entrepris  la prise de toutes les places fortes entre Dunkerque et les Ardennes. Après la prise rapide de la place forte de Valenciennes en 1677 (dont l’artisan était le génial Vauban)…Louvois convainc le roi de créer ce que l’on appelle le pré carré constitué des 26 places fortes situées sur deux lignes le long de la nouvelle frontière. Voir illustration ci-dessous.

Pour renforcer le système certaines places permettent le tir croisé avec une autre place. Il en va ainsi pour Valenciennes, Bouchain et Condé.

-The battle of Famars dans aviation 14-18 le-pre-carreSource:  http://theudericus.free.fr/Vauban/Vauban_France/Vauban_France.htm

3°) Que se passe-t-il en ce début d’année 1793 ?, les événements se bousculent :

140 000 coalisés ( Autrichiens , Hollandais, Anglais, Hanovriens) se dirigent vers le pré carré. A leur tête le duc d’York et le prince de Saxe Cobourg ainsi que les généraux Clerfayt, Ferraris, Collorado qui se dirigent vers Valenciennes….Ils savent qu’il suffit de prendre une de ces places fortes pour enfoncer le système défensif et fondre sur Paris.

Devant eux l’armée du Nord qui ne dispose que de 40 000 hommes mal équipés et peu disciplinés.

-Le 18 mars la France perd la Belgique, terrible bataille de Neerwinden . L’armée du Nord commandée par Dumouriez abandonne Mons et compte se replier sous la protection de la place forte de Condé sur l’Escaut. (à quelques Km de la place forte de Valenciennes).Mais Dumouriez ambitieux voulant négocier une paix séparée avec les coalisés entreprend des négociations pour leur livrer la place forte de Condé. Dans son esprit cette manœuvre  stopperait l’avance des conjurés dont il aurait pris le commandement. Il lui suffirait alors  d’attendre la restauration de la royauté lui permettant de rentrer à Paris couvert d’honneurs !

-Le 21 Mars la convention crée les comités révolutionnaires. Les commissaires de la république ont tout pouvoir sur les administrations civiles et militaires.

-Le 1 Avril Dumouriez fait converger ses troupes vers Valenciennes et vers Condé et s’installe « aux boues de St Amand les Eaux »

-Le 2 Avril La convention envoie 3 commissaires pour arrêter Dumouriez à son quartier général de St Amand, mais c’est lui qui les fait enfermer.

-le 6 Avril il décide de passer dans le camp adverse, ses soldats découvrent sa trahison  et le surprenne en train de traverser l’Escaut. Ils lui tirent dessus sans l’ atteindre.

trahison-de-dumouriez Valenciennes dans Famars

Source : Gallica Bibliothèque Numérique de France (BNF)

lien http://gallicalabs.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84118665

Analyse de l’estampe :

-Au centre traversant l’Escaut sur son cheval : Dumouriez

-A gauche sur les rives de l’Escaut : Son armée qui lui tire dessus.

-Toujours à gauche, derrière l’armée du Nord, le camp Français devant les remparts de Valenciennes

-A droite, indifférents : Les coalisés (York et Saxe Cobourg ?)

-En arrière plan , abusivement surdimensionnés, sans doute le Mont d’ Anzin, le Mont Houy…étrangement surmontés de forteresse. (le graveur a sans doute voulu faire figurer sur la même estampe les forteresses de Condé, Maubeuge, Bouchain…).

Mais la réalité est différente : Dumouriez cerné, poursuivi le long de l’Escaut sous une grêle de balles parvint au bac de Wiers .( B) et rejoignit les confédérés .

Les soldats français dépités, indignés  sans réel commandement se replient vers Valenciennes. Beaucoup désertent.

Lire les détails de cette désertion en cliquant ici (Site de la ville de Odomez)

le Général Ferrand, (Jean Henri Bécays Ferrand de la Caussade) commandant de la place de Valenciennes rallie cette armée mal équipée, galvanise les hommes et place les troupes de Dumouriez à Marly lez Valenciennes, Aulnoy lez Valenciennes  et sur le Mont Houy à Famars. Il organise la défense de Valenciennes, rassemble et motive  les déserteurs et les soldats de la garnison .Total 9500 hommes. Il fait rentrer rapidement les foins et les animaux, fait saisir les chevaux des particuliers pour tenir un siège.

 Vauban au siècle précédent  avait estimé que la place de Valenciennes pouvait tenir un siège de 6 semaines maximum (mais l’armement a  beaucoup évolué depuis).

-Le 9 Avril   les coalisés entrent sur le territoire Français et menacent Lille, Condé, Valenciennes et Maubeuge.

York installe son quartier général à Estreux(à l’Est de Valenciennes)

Ferraris , commandant des travaux de siège  s’installe à Onnaing (au Nord de Valenciennes).

Les bois de Raismes, Hasnon, Vicoigne  sont pris par les confédérés.

Les camps de Bruille, Maulde, St Amand sont occupés

Un tiers de Valenciennes est déjà entouré par une circonvallation depuis le village de St Saulve jusqu’à ceux de Trith, Fontenelles, Préseau.

Du coté Français la trahison de Dumouriez et de sa marche avortée  sur Paris force la convention à réagir, l’armée se réorganise, de nouvelles troupes sont levées, environ 300 000 hommes .Les commissaires  nommés par la convention  ont tout pouvoir, ils deviennent les arbitres du sort des généraux qu’ils font monter aussi facilement sur un char de triomphe que sur un échafaud.

- Douze d’entre-eux rejoignent l’armée du Nord.

-12000 hommes sont envoyés à Cassel et une autre division de 12000 hommes à Lille.

Le Marquis Auguste Henri Marie PICOT de DAMPIERRE  simple enseigne aux gardes en poste à Le Quesnoy devient Général en Chef de l’armée du Nord, il remplace Dumouriez .Son armée ne comprend alors que 30 000 hommes, il a pour mission de défendre Condé et Valenciennes. Du 5 au 20 Avril avec l’aide des députés de la convention  il réorganise son armée devant Bouchain pour être assez éloigné du Prince de Cobourg

 -Le 20 Avril Dampierre  ramène son armée à Famars sur le Mont Houy , position stratégique entre l’Escaut et la Rhonelle. Sa position domine Valenciennes  et les deux vallées. Ses canons sont placés à l’abri de ce que l’on nomme à l’époque « Camp de César » mais qui sont les murailles du castrum gallo-romain  dont il reste encore quelques vestiges à notre époque.

Ci-dessous extrait du cadastre de 1830  (Tracé une trentaine d’années plus tard) qui montre avec un agrandissement à la loupe les murs du castrum Gallo romain.

constructions-romaines-cadastre-1830 dans Guerres-de-la-Révolution

Source : Archives départementales du Nord Famars 1830 cote P31 587 Cadastre Napoléonien

Ci-dessous extrait d’une carte d’état major du  19éme siècle  montrant les redoutes de Famars sur le « Rouge-Mont » jouxtant le Mont Houy.

les-3-redoutes dans histoire

Source Géoportail de l’IGN /cnes/Astrium

 Cette préparation en vue d’une  offensive redonne espoir aux troupes de la Nation,

A Famars, Dampierre est pressé par les commissaires de la  convention de mener une opération audacieuse mais risquée pour débloquer Condé sur Escaut .En fait il s’agit avec 30 000 hommes découragés, mal équipés d’affronter les 45 000 alliés (certaines sources disent 80 000) . Dampierre, d’abord réticent  compte jouer sur l’effet de surprise et sur la dispersion des divisions de l’ennemi.

 

-Le 1° Mai l’attaque générale est lancée,: Dampierre  a formé 2 colonnes dans le but d’attaquer les troupes de Cobourg sur une ligne reliant Sebourg à St Amand et débloquer Condé en même temps.

Un plan de la zone est nécessaire pour ceux qui n’habitent pas le Valenciennois

1-mai-1793 dans Valenciennes

Source :carte de Cassini sur le Géoportail de l’Institut géographique National (surchargée des noms des villes et villages concernés par la bataille de Famars) .Note de l’auteur.

En jaune : villages, bois, aux mains des confédérés.

En bleu :réduits Français

Etat des lieux

D’abord les confédérés

-York est à Tournai(B) à 30km de Valenciennes.

-Le prince Cobourg est à Onnaing (à quelques km au Nord-est de Valenciennes) depuis deux jours.

-Les Hollandais sont entre la mer du Nord et la Lys.

-Clairfayt occupe Raismes et Vicoigne près de St Amand les Eaux.

-Les Prussiens occupent les alentours de St Amand les Eaux

-l’ensemble des troupes suivantes forme, du Nord au sud de Valenciennes, un arc de cercle.

*le corps d’armée de Clairfayt est positionné à  Escaupont entre St Saulve et Condé

*Le gros de l’armée Impériale sous les ordres de Ferraris, Colloredo, Benjowski se trouve entre St Saulve et Rombies

*Le centre du dispositif  (St Saulve, Curgies, Estreux) est renforcé par les troupes légères du Général Otto.

-Le Prince de Wurtemberg bloque Condé.

-Latour et Reuss tiennent Bavay et observent la place forte de Maubeuge.

Les confédérés se préparent au siège de Valenciennes.

L’armée du Nord (sous les ordres de Dampierre)

-Il est 4H00 du matin, ce 1er Mai , les Français vont attaquer l’armée Impériale sur toute la ligne,

-Quelques 2000 hommes viennent en renfort de la place forte du Quesnoy en se dirigeant vers Jenlain.

-Une division de l’armée des Ardennes commandée par le général Lamarche se dirige vers Curgies et Saultain

-Depuis Famars Dampierre envoie une colonne sur la rive Droite  de l’Escaut vers St Saulve et Onnaing.

L’autre colonne vers Vicoigne , Raismes et St Amand , les postes intermédiaires Hasnon et Orchies  étant chargés de faire des diversions.

-Le général Lamarlière déplace une partie de ses troupes de Lille vers St Amand pour contenir l’armée Prussienne.

Les événements de cette journée

L’ensemble de ce dispositif, jugé incohérent par la suite, (il eut été préférable de rassembler les ¾ de l’armée et d’affronter un seul corps  d’armée en sachant que l’Escaut divisait naturellement les troupes ennemies.) tourne rapidement au désastre.

-Lamarlière avec ses 13 000 hommes se cantonne aux ordres reçus « contenir l’armée Prussienne dans leur camp de Maulde », il perd ainsi l’occasion d’anéantir cette division qui ne comptait que 4 000 hommes !

-La première colonne lancée par Dampierre  vers Condé (le long de l’Escaut rappelons-le) est rapidement bloquée par le général Ferraris

-Le comte de Collorédo en seconde ligne est averti de l’avance du général Lamarche vers Curgies et Saultain, Il se dirige vers lui et l’oblige à repasser la Rhonelle et rejoindre son camp.

-La garnison de Valenciennes  commandée par le général Ferrand, positionnée sur les hauteurs du moulin du Roleur est  attaquée par le général Ferraris, elle  rentre précipitamment à couvert derrière les remparts de la ville.

-L’autre Colonne envoyée par Dampierre vers Vicoigne et St Amand, après avoir forcé les avant- postes est rapidement attaquée par le corps d’armée de Clerfayt aidé des Prussiens. Elle se replie vers la position d’Anzin devant les remparts de Valenciennes.

-La percée fulgurante de Dampierre vers Condé est vite stoppée, le centre de sa première colonne ne peut soutenir le feu des batteries Autrichiennes et après de durs combats il en est réduit à se retirer dans son camp de Famars pour ne pas être encerclé.

Cette journée, était nécessaire pour remonter l’honneur et la confiance des troupes. L’armée du Nord passait enfin à l’offensive, Les assiégés de Condé et de Valenciennes reprenaient espoir.

Que fait Dampierre ? Il veut attendre des renforts pour renforcer son armée, ils lui sont promis, il vient de perdre 2000 hommes aujourd’hui dans cette attaque, mais le gouvernement ne l’entend pas de cette oreille, les commissaires de la convention sont inflexibles : Il faut reprendre Condé .(Place forte en première ligne du pré- carré) .Contraint  d’obéir il décide de préparer une nouvelle attaque pour le 8 Mai 1793.

-Le 8 Mai.Dans l’ensemble les mêmes tentatives sont lancées pour reprendre Condé. Dampierre contourne Valenciennes par l’ouest, après quelques succès vers Raismes, (ses troupes sont sur le point d’entrer dans Raismes) il est convaincu que le succès de la bataille dépend de cette prise. Mais les Autrichiens  débouchent de ce village, Les Français subissent de lourdes pertes, soutenus par des renforts du Général Hédouville, ils  repartent à l’attaque mais sont stoppés net par les troupes de Clairfayt et Weneken.  Chacun reste sur ses positions.

Dampierre, opiniâtre, est vraiment persuadé que l’issue de la bataille dépend de la prise des deux redoutes de Raismes, il se met à la tête de 8 bataillons .Ils franchissent quelques abattis près du bois de « Bonne Espérance » (abattis : obstacle constitué des branches d’arbres étendus en rangs, avec les dessus affilés dirigés à l’extérieur vers l’ennemi déf : Wikipedia) quand un boulet lui emporte la cuisse droite .

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Source « Les Généraux morts pour la patrie (1792-1871) » cliquez ici

Cet événement malheureux refroidit les ardeurs, les troupes se débandent, Le général Lamarche prend le commandement de l’armée et juge en accord avec les républicains de faire retraite  en bon ordre sur Famars  pour protéger Valenciennes et soutenir Condé dès qu’ils en auraient l’occasion.

Le général Lamarlière reçoit l’ordre de se replier sur Lille.

Le général Dampierre est emmené à Valenciennes pour tenter une amputation des lambeaux de sa cuisse droite, mais il décède des suites de l’opération le lendemain matin 9 Mai 1793.Il est inhumé près de son camp de Famars. On peut en retrouver l’emplacement sur une carte du cadastre de 1830 tracée quelques années après ces événements.

On lit dans  le dictionnaire Rouchi-Français cette phrase « Le général Dampierre a été enterré sur le Mont Joui (ou mont de Jupiter).On a longtemps respecté 5 arbres plantés sur sa tombe ».

voir ci dessous l’extrait du plan du cadastre de 1830:

larbre-de-dampierre-

Source : Archives Départementales du Nord document FRA D059 cote P31 587 01 0896

Sa dépouille sera transférée en 1836 sous une colonne appelée « Pyramide Dampierre » élevée à sa mémoire à l’entrée de Valenciennes.( Aux 4 Pavés de St Waast) Son cœur a rejoint l’église de Dampierre (Aube) Cette colonne sera déplacée en 1955 pour réaménager le carrefour, sa dépouille la rejoindra en 2001 au centre de la place qui porte son nom, mais plus connue sous le nom de Pyramide de Dampierre.

Ci dessous

La plaque commémorative en marbre blanc  au n° 68 de la rue du Quesnoy à Valenciennes nous indique l’ hôtel où il est décédé, mais il s’agirait d’une erreur, Dampierre serait décédé au N° 70. ( L’immeuble au N° 68 n’étant pas encore construit à cette date) Source : Richard Lemoine

valenciennes-68-rue-du-quesnoy

Ci dessous :La colonne (ou pyramide) Dampierre.

valenciennes-colonne-de-dampierre

valenciennes-socle-colonne-dampierre

La mention portée sur le socle de la colonne n’est pas tout à fait exacte puisque Dampierre fut blessé devant Raismes le 8 Mai 1793 et décédera le 9 à Valenciennes.

Ci dessous quelques vers de Victor Hugo (Les Châtiments)

« Un jour on déterra un de ceux de l’an deux.

Un vrai républicain, le général Dampierre

On le trouva couché tout armé sous la pierre

Et portant, fier soldat que nul n’avait vu fuir,

L’épaulette de laine et la dragonne de cuir ».

Ci dessous :Vue du Mont Houy prise de la colonne Dampierre.

Source: Bibliothèque de Valenciennes; Patrimoine numérique. http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_V_F19LEC0001/F_08/v0001.simple.highlight=1793.selectedTab=otherdocs.hidesidebar

:-) Vous pouvez faire un zoom avec la molette de votre souris et vous déplacer dans l’image avec le clic gauche.

4°) La Bataille de Famars

Le chapitre précédent a permis  de prendre connaissance des acteurs de cette bataille, des troupes engagées, et de la position de leurs campements autour de Valenciennes.

Quel est le plan du Prince de Cobourg ?

Il se dit que Condé sera bientôt prise, le blocus de la place  déjà en manque de vivres, conduira prochainement à sa reddition. La prise d’une place intacte sera d’un grand intérêt pour servir de dépôt aux alliés.

Il décide d’entreprendre le siège de Valenciennes .Valenciennes prise, le pré- carré sera enfoncé, il lui suffira de fondre sur Paris, mais l’épine au pied de ce projet c’est l’armée du Nord installée à Famars sur le  Mont Houy .Bien campée derrière ses redoutes, celles d’Aulnoy, Artres et de Marly . Positionnée entre les Vallées de La Rhonelle et de l’Escaut et dominant Valenciennes.

Les confédérés voient arriver un renfort de 12 000 Hanovriens, l’attaque est fixée au 23 Mai.

Le gros de l’armée attaquera Famars, les autres corps se porteront  sur Armentières, et Orchies. Les Prussiens attaqueront Hasnon, Clerfayt se portera sur Anzin, Colloredo fera diversion devant Valenciennes.

-23 Mai 1793 ,

2H00 du Matin ,dans le brouillard, les troupes de Cobourg et de York se dirigent vers Famars par l’Est  mais se heurtent rapidement aux redoutes avancées d’ Aulnoy sur l’autre rive de la Rhonelle. La forte résistance de l’artillerie Française oblige Ferraris à faire appel aux 7 bataillons  d’Abercromby, l’attaque dégénère rapidement  en canonnade qui se poursuit jusqu’à la nuit et la prise de la position.

Simultanément les avant-gardes d’Anzin sont menacées par Clerfayt mais résistent.

 Les troupes Autrichiennes et Anglaises sous les ordres du duc d’York se voient contraintes de contourner Artres et de passer la Rhonelle à Maresches. C’est alors que York décide d’arrêter son avance avant la tombée de la nuit, ses troupes sont épuisées, son chef d’état major est légèrement blessé et puis la victoire leur est sûrement acquise, on peut attendre le lendemain pour attaquer Famars. !

map_of_the_battle_of_famars

Source Wikimedia :http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Map_of_the_Battle_of_Famars.jpg

NB :Sur la carte ci dessus  l’Escaut porte le nom de « Scheldt ».

-§-

Ci dessous une estampe intitulée : « La victoire des alliés sur les Français prés de Famars le 23 Mai 1793″

Victoire des alliés sur les Français près du camp de Famars-Source Bnf GallicaSource Bnf- Gallica  http://gallicalabs.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84118702

Anecdote : The West Yorkshire régiment est passé à l’attaque de Famars en jouant le chant révolutionnaire Français « ça ira ! ».(Humour anglais sans doute ! ou guerre psychologique ? ) La cour d’Angleterre est actuellement fertile en défilés, fêtes, parades, si vous entendez à la télé le « ça ira » Français joué par le band du Yorkshire Régiment en présence du Prince Andrew ce n’est pas en l’honneur des Français mais de la bataille de Famars gagnée par son aïeul.

Lien : http://www.youtube.com/watch?v=09HfypSZFYA

Ci dessous le Duc d’York à la bataille de Famars : source:Gallica :Bibliothèque Nationale de France.

f1

To His Royal Highness the Duke of York : This Print of the Memorable Attack upon the French Camp on the hills of Famars near Valenciennes by the Hanoverian Corp de Garde & Combined Armies Under the Command of His Royal Highness on the 23.d of May 1793, … : [estampe] / M. Brown pinx.t ; D. Orme sculp.t

Lien cliquez ici

-23 Mai 1793 , 16H00

Profitant de cette accalmie  le général Lamarche (Commandant de l’armée du Nord) rentre à Valenciennes et rencontre les commissaires du peuple et le général Ferrand (Commandant de la place de Valenciennes).Le constat est simple :il est impossible numériquement de tenir le camp de Famars, il faut sauver l’armée du Nord du désastre et par conséquent laisser Valenciennes à son sort.

 Il est certain que la ville sera investie ce soir ou demain matin. Ferrand obtient de Lamarche  un renfort de 17 bataillons mais pas les meilleurs. Il est décidé que l’armée du Nord se replie entre Bouchain et Cambrai.

-Nuit du 23 au 24 Mai.

Les camps de Famars et d’Anzin sont évacués sans perte. York se réveille devant un camp vide et l’occupe.

La bataille de Famars est terminée, le siège de Valenciennes va commencer.

Pour en savoir plus sur la bataille de Famars trouvez ci dessous une liste de liens en cliquant sur:

http://reference.info.co.uk/common/web_results?qkw=Battle%20of%20Famars&web=1&page=0&aylf=1&res=40

5°) Le siège de Valenciennes

-Le 24 Mai Le général Ferrand décide, comme cela s’est produit à plusieurs reprises dans le passé d’inonder la campagne au Sud de Valenciennes.(l’inondation du Nord de Valenciennes dépendant, elle, de Condé sur Escaut).

Les écluses des repenties placées sur l’Escaut au pied de la citadelle, rénovées par Vauban lui semblent un bon moyen de retarder le siège  ceci avec l’appui de la porte d’eau de la Dodenne sur la Rhonelle. Mais l’eau ne monte pas assez vite, il apprend que les écluses sont en mauvais état, il fait planter des pieux pour les renforcer et combler les réparations avec les matériaux qu’il trouve, terre, pierres et même fumier. En 5 jours l’inondation sera à son niveau maximum.

Ci dessous l’écluse des repenties sur le vieil Escaut.

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York positionne ses batteries, environ 400 bouches à feu, sur les hauteurs qui entourent Valenciennes  c’est-à-dire le Mont d’ Anzin, le Roleur , le Mont Houy, les hauteurs de Trith. Et lance un feu continuel qui dura sans relâche 43 jours et 43 nuits tant sur les fortifications que sur la ville.

La ville va subir le feu de 300 000 boulets, obus et bombes. Elle sera par moitié réduite en cendres et l’autre moitié très endommagée.

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Source : Défense de Valenciennes :France Militaire (Google Books)

Le général Ferrand est confronté à de multiples problèmes inhérents à cette situation, Soldats qui se révoltent (les fuyards de Dumouriez et les « renforts » laissés par le général Lamarche) Trahison de canonniers qui tirent « à blanc » , espions qui renseignent York  sur la situation des assiégés. Population qui se réfugie dans les souterrains, réserves de munitions qui explosent, 2500 blessés, maladies contagieuses…

Plusieurs brèches s’ouvrent dans les remparts. Les assauts sont de plus en plus difficiles à repousser.

-Le 30 Mai : Les Valenciennois jurent sur l’autel de la patrie de défendre leur ville à outrance.

Source: Bibliothèque de Valenciennes. Patrimoine numérique.  http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_V_B19LEO0003/v0001.simple.highlight=1793.selectedTab=record.hidesidebar.

:-) Vous pouvez faire un zoom avec la molette de votre souris et vous déplacer dans l’image avec le clic gauche.

Les icones en haut, à gauche de l’image vous permettent d’ajuster le contraste, la luminosité, le niveau de gris …etc et d’ afficher l’image modifiée. (options non disponibles sur smartphone)

-Le 12 juin : la garnison de Condé, réduite par la famine, capitule.

-Le 14 juin :  vers 16H00 York envoie à Ferrand une première sommation de capitulation.

-Le 26 juillet : York envoie une nouvelle sommation. Ferrand réunit les commissaires de la république, les représentants de la ville en un conseil de guerre, Un projet de capitulation en 25 points  est envoyé à York qui en réfute la plus grande partie. Cependant il accepte la proposition de Ferrand de rester 6 jours de plus dans la place pour préparer la transition, il cache le secret espoir que des renforts pourraient  arriver.

La capitulation est signée le 28 juillet, la place est évacuée le 1° Août, l’ennemi entre dans Valenciennes.

Ci dessous une estampe du British Museum.

Vous pouvez l’agrandir en suivant le mode opératoire indiqué dans la colonne de droite.

Copie de 1381417001Source British Museum Image AN-000754285 sous licence Creative commons. CC BY-NC-SA.4.0

  Licence Creative Commons
Cette image est  mise à disposition par le British Museum selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Analyse de l’ estampe:

En arrière-plan Valenciennes, L’Escaut (Scheldt) coule de la droite vers la gauche (une flèche l’indique). Le camp des confédérés se situait donc sur le Mont d’ Anzin face à la citadelle. La troupe Française serpente avec chariots et canons vers la tente de l’ empereur ( elle est surmontée de l’ aigle à deux têtes). Deux commissaires de la convention saluent bien bas les vainqueurs de la coalition. Derrière eux les soldats Français déposent les armes. Aux milieu d’eux, au premier plan à cheval, le général Ferrand.

Epilogue:

La suite est une autre Histoire….Valenciennes sera libérée bien sûr, mais ironie de l’Histoire les anglais reviendront à l’attaque du Mont Houy de Famars, mais ce sera  le 28 Octobre 1918 pour tenter d’y déloger cette fois les troupes du Kaiser et libérer Valenciennes.  Ce sera l’assaut des Canadiens  du 2 Novembre 1918 qui sera victorieux.

Voir article de « La Voix Du Nord » ci dessous.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Valenciennes/actualite/Valenciennes/2008/11/02/article_le-2-novembre-1918-les-canadiens-ont-lib.shtml

Fin de l’article.


NB 1: L’effectif des belligérants varie beaucoup d’une source à l’autre. La position des troupes est souvent imprécise, l’orthographe des villages à changé.

Si vous trouvez des erreurs , (il y en a surement) n’hésitez pas à me les communiquer dans la rubrique « commentaires », vos noms et adresse mail resteront anonyme

NB 2: Depuis le 1er Mai 2014 un résumé de cet article se trouve sur Hainautpédia.

Cliquez sur cette ligne

.

Sources

-Précis de la défense de Valenciennes, en 1793 : auteur ; Le général Ferrand. Livre numérique consultable sur Google Books

-Histoire critique et militaire des guerres de la révolution : auteur  Le Lieutenant général Antoine Henri Jomini. Livre numérique consultable sur Google Books

-Nouveau dictionnaire historique des sièges et des batailles  mémorables, Volume 2 : Daté de 1809 : Livre numérique consultable sur Google Books

-France Militaire : Histoire des armées Françaises de 1792 à 1833. Auteur Abel Hugo daté de 1833 . Livre numérique consultable sur Google Books

Liste des liens (List of Links)
Bataille de Famars- Siége de Valenciennes en 1793.
—–
Guerres de la révolution par le général Jominy Campagnes de 1788 à 1793
http://books.google.fr/books?id=GXguAAAAMAAJ&printsec
—–
France Militaire Histoire des armées Françaises (abel Hugo)
http://books.google.fr/books?hl=fr&id=kiz0-3aL8iUC&q
—–
Nouveau dictionnaire historique des sièges et batailles mémorables
http://books.google.fr/books?id=9ZlFAAAAcAAJ&pg
—–
Histoire critique des guerres de la révolution
http://books.google.fr/books?id=84H18BAhAkMC&pg
—–
Précis de la défense de Valenciennes en 1793 (Général Ferrand)
http://books.google.fr/books?id=mzZdD-k_-IoC&pg

-Valérie Létard chez les Sarrasins

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Ce vendredi 7 juin 2013  dans le cadre des journées nationales de l’archéologie  Mme Valérie Létard, Sénatrice du Nord et présidente de Valenciennes métropole est venue à Famars rencontrer les élus, les responsables d’association et les amateurs d’archéologie.

Avec beaucoup d’arguments elle a expliqué la genèse du technopole de Valenciennes et ses enjeux économiques pour la région. Elle a rappelé qu’un « technopole antique » existait déjà il y a 1700 ans à l’endroit même du site de fouilles actuel de Famars.

Mme Véronique Dupire et Mme Valérie LétardCi-dessus Mme Véronique Dupire Maire de Famars et Mme Valérie Létard lors de leurs allocutions.

-Valérie Létard chez les Sarrasins dans Archéologie dscn0629

 

Attentifs : M. Stéphane Meuric directeur du Technopole, M Philippe Baudrin maire de Maing, M.Philippe Beaussart patron du service archéologique de Valenciennes et auteur de nombreuses publications, M Raphaël Clotuche de L’ INRAP, directeur technique des fouilles de Famars.


M. Clotuche , expose ensuite l’importance des découvertes effectuées à Famars dont certaines sont uniques en France et confirme que toute une « industrie » , (elle dépassait le cadre de l’artisanat) , faisait vivre la région.

dscn0631 Archéologie dans Famars

Rappelons qu’à cette époque Famars avait donné son nom au Pagus Fanomartensis qui deviendra comté du Hainaut.(Vaste comté qui s’étendait d’Ouest en Est de Douai à Binche , et du Nord au Sud de Ath (Belgique) à Landrecies.

 Sur le Mont Houy de Famars ont été découverts des gisements de minerai de Fer, des carrières de sable et de grès, ainsi que des zones de pacage pouvant contenir plus de 5000 bovins, des fosses de lavage de peaux , et une grande quantité d’objets en os ouvragés . Les très nombreux fours de potier qui ont été retrouvés ainsi que  plus de 10 000 objets métalliques  témoignent d’une grande activité que l’on peut qualifier d’industrielle.

M. Clotuche a donné une nouvelle explication sur l’origine du nom de Sarrasins donné aux habitants de Famars :

Ses recherches l’ont amené à découvrir qu’avant le 18ème  siècle les habitants de Famars portaient le nom de Famarsiens. Le surnom de Sarrasin viendrait du fait qu’un curé de l’époque s’était étonné que les habitants de Famars payaient leur denier du culte et leur offrande à la messe dominicale avec des pièces qui n’étaient pas à l’effigie du roi.

En fait les Famarsiens s’acquittaient de leurs obligations avec des pièces à l’effigie d’empereurs romains qu’ils trouvaient à foison lors des labours et même dans les jardins.

Le curé, pas au fait de l’histoire Romaine, s’en était ouvert à son évêque en lui disant que les habitants utilisaient des pièces à l’effigie de Mahomet, qu’ils étaient donc des Sarrasins. De là viendrait le nom (le gentilé) des habitants de Famars.

Après ces allocutions tout le monde s’est retrouvé autour d’un cocktail de clôture.

dscn0639 Exposition dans fouilles

Une partie des découvertes archéologiques de Famars se trouve désormais exposée en vitrine dans le bureau d’accueil de la Mairie.

dscn0637 Fouilles dans histoire

dscn0636 Valenciennes Métropole dans Technopole

dscn0633

Fin de l’article.

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-Exposition de trois siècles de fouilles archéologiques

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Du  12/04/2013 au 16/09/2013 le musée des Beaux Arts de Valenciennes  présente une exposition temporaire d’une partie des objets (on dit « mobilier ») archéologiques découverts depuis trois siècles à Famars.

C’est une exposition exceptionnelle car il est rare que des découvertes récentes soient présentées au public alors que ces fouilles, uniques en Europe de par leur étendue, ne sont pas terminées .A titre d’exemple 12000 objets métalliques ont été découverts à ce jour sur le chantier du technopole.

Des dizaines d’affiches comme celle-ci-dessous et de toutes tailles ont été placardées le long des avenues et boulevard de Valenciennes, n’en cherchez pas à Famars il n’y en a pas. Valenciennes semble oublier ses origines.

-Exposition de trois siècles de fouilles archéologiques dans Archéologie p5040812

Une de ces affichettes à l’entrée du Musée de Valenciennes.

p5040818.f Archéologie dans Famars

1°)L’Inauguration

Il y avait foule lors du l’inauguration du 11 avril 2013, mais il faut regretter que seulement une toute petite poignée d’invitations ait été offerte aux habitants de Famars.

Dès 18H30 les organisateurs ont ouvert le micro aux partenaires politiques et institutionnels  de l’exposition qui après quelques descriptions convenues des fouilles de Famars ont parlé de l’action de Valenciennes Métropole et du futur rayonnement Européen du technopole en cours de construction sur le champ de fouilles.

Seul M. Jean Paul Jacob, Président de l’ INRAP a souligné l’importance de ces fouilles  qui remettent en question les idées que l’on se faisait sur l’artisanat de cette époque Gallo Romaine.

Mme le Maire de Famars a rappelé à la Sénatrice du Nord Mme Valérie LETARD la promesse de cette dernière  de faire « quelque chose » pour Famars.

Espérons que cela ne se limitera pas à deux poteries posées sur une étagère !

Le proverbe dit « rendons à César ce qui appartient à César » c’est peut être le moment de rendre à Famars ce qui………..

A la fin de ces allocutions M. Clotuche coordinateur scientifique des fouilles de Famars devait emmener tout ce monde pour une visite guidée, mais pour un problème d’horaire cela a été annulé et il a été proposé aux invités  de  se rendre au cocktail. La majeure partie de ceux ci s’y est rendue laissant ainsi les vrais amateurs d’antiquités visiter l’exposition au calme.

Mais ne soyons pas négatifs il faut reconnaitre que cette exposition est un succès .Vous trouverez ci-dessous quelques photos qui devraient en inciter beaucoup à se rendre au musée de Valenciennes. Une visite guidée est préférable. Pour les renseignements ouvrir le lien ci-dessous :

http://www.valenciennes.fr/fileadmin/PORTAIL/VA/culture/musee/pdf/page-accueil/PAGES_AEXPO_FAMARS.pdf

2°) La visite de l’expo temporaire

Ci-dessous un extrait du plan détaillant  les différents chantiers de fouilles qui s’étendent sur les 150 ha de Famars antique.

plan-des-fouilles Exposition dans fouilles

Quelques vues de l’exposition :

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Ci-dessous quelques  vases dont le four s’est effondré lors de la cuisson et que l’artisan a laissé en place pour le  bonheur des archéologues.

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Ci-dessous Outils de Boucherie. Une partie des découvertes fait apparaître une sorte d’ « abattoir de la Villette » organisé autour du traitement des peaux, des os, des graisses et huiles des bovins parqués par milliers sur l’espace du futur technopole.

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Une statuette d’un dieu LARE

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Je n’ajouterai pas plus de photos de cette exposition temporaire, je préfère que vous vous déplaciez au musée, vous avez jusqu’au 19 septembre 2013. A noter que le premier dimanche de chaque mois la visite est gratuite. (Mais non guidée).

3°) La visite de l’expo permanente

Une partie du résultat des précédentes fouilles de Famars se trouve mise en valeur dans une salle en sous sol appelée Crypte archéologique.

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On y retrouve les peintures murales en décoration de bains privés.

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De nombreux vases « à visages »  sont exposés, certains ont le nom de planétaires ou semainiers parce qu’ils comportent 7 visages.

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 Un fragment d ’enduit mural représentant peut-être le temple de Mars qui aurait donné son nom à Famars

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Comme écrit plus haut, l’article de ce blog n’est pas un catalogue il faut vous rendre au musée de Valenciennes.

Je conseille à tous  de se procurer le livre « La ville antique de Famars » du service Archéologique  de Valenciennes rédigé sous la direction de Raphaël Clotuche. En vente au musée.

4°) La journée d’ étude du 18 Avril 2013

Journée très dense au cours de laquelle se sont succédés une quinzaine d’archéologues et spécialistes, chacun expliquant avec son vocabulaire très technique ce qui a été découvert à Famars.

Salle de projection et de conférence du Musée de Valenciennes.

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En tant que néophyte ce que j’ai retenu c’est que les moyens techniques très évolués, prospection géophysique, électrique, magnétique n’ont pas permis de retrouver les thermes dont les plans ont été tracés entre 1823 et 1826. Ces plans  ont été archivés depuis cette époque et sont même exposés.

Monsieur Ph Beaussart du service archéologique municipal de la ville de Valenciennes émet l’hypothèse que l’ensemble des thermes a sans doute été démantelé à l’époque où les fouilles étaient financées  par des actionnaires. Chacun d’entre-eux voulant sans doute rentrer dans ses frais en revendant mobilier et immobilier. Des sondages seront peut être nécessaires pour élucider cette disparition.

Autre découverte : les prospections  magnétiques et électriques font apparaître une nouvelle voie, totalement disparue, qui mènerait au sanctuaire dont les substructions viennent d’être découvertes. Mais il s’agit d’un terrain privé, il n’est pas question d’y effectuer des sondages pour confirmer cette hypothèse.

5°) La nuit des Musées (Samedi 18 Mai 2013)

A cette occasion le musée de Valenciennes a ouvert ses portes à une visite gratuite de l’ensemble du musée y compris à l’exposition « Aux origines de Valenciennes la ville antique de Famars ».

Malgré un affichage difficilement lisible, texte bleu sur fond bleu foncé les passionnés étaient encore au rendez-vous. C’est en sortant du musée, après 23H00, que je me suis rendu compte que certaines affiches devenaient lisibles dans les panneaux rétro-éclairés .Tout s’explique. !

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Comme le précise l’affiche des gladiateurs étaient au rendez-vous et accueillaient les visiteurs à l’entrée du musée.

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Après une courte présentation, les spectateurs ravis ont assisté aux combats.

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Ce qui est étonnant, ce sont les hourras et encouragements des spectateurs aux coups portés (sans conséquences heureusement). Cela fait penser aux jeux du cirque  offerts aux Romains pour leur faire oublier leurs problèmes !

Sommes-nous si proches de nos ancêtres gallo romains. ?

 

Fin de l’article.

Vous trouverez  un petit diaporama de l’exposition en cliquant sur la ligne ci dessous.

fichier wmv Photorécit Famars

-L’aérodrome de Famars (Guerre 14-18)

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1° Information préliminaire.

L’objet de cet article est d’essayer de faire resurgir du passé un aérodrome totalement oublié du Valenciennois. Il ne s’agit pas de l’aérodrome de Prouvy-Rouvignies toujours en activité sur lequel les Valenciennois admirent régulièrement les exhibitions  de la Patrouille de France  ni de celui de Marly-La Briquette inauguré en Juillet 1913.(Encore appelé aérodrome des maisons blanches) ….Bientôt un siècle…. Désaffecté  en 1955 il a laissé la place  à la construction d’immeubles et du centre commercial d’Aulnoy lez Valenciennes.

 Des ainés se souviennent d’y avoir joué sur les pistes désaffectées ou encore de s’y être retrouvés pour le départ du pèlerinage du Saint cordon de Valenciennes.

A Famars il s’agissait d’un terrain  d’aviation militaire allemand de la guerre 14-18. C’était un des terrains auxiliaires créés par l’occupant, l’autre tout proche étant celui de Saultain.

2° Implantation

Le terrain et ses bâtiments (hangars, ateliers, casernements) se trouvaient sur la surface quasiment plane entre les deux monts de Famars : Le Mont Houy et le Rouge Mont, orienté Nord, direction des vents dominants…très utiles à l’époque des débuts des plus-lourds-que-l’air. C’est sur cet emplacement que se construit actuellement le futur Technopole de Valenciennes.(voir autre article de ce blog).

 Les hangars étaient alignés en partie le long de l’ancien mur de l’ oppidium,  des thermes Gallo-romains  et de la  voie Famars –Valenciennes .Voir Image du net  sur le site  des anciens aérodromes.

Site : http://www.anciens-aerodromes.com/?p=8377

Les pavés rouges représentent ces bâtiments.

-L'aérodrome de Famars (Guerre 14-18) dans aviation 14-18 8562784626_61a8040356

Nota : C’est derrière ces murs appelés en 1793 « Camp de César » que le Général Dampierre avait placé ses canons pour défendre la ville de Valenciennes. (Cet épisode fera l’objet d’un autre article sur ce blog)

Ci-après quelques photos (rares) du site FlickR de M. Stefan Kirchberger.

http://www.flickr.com/photos/hdgbw/8450068303/

Ces photos ci dessous  sont sous Licence Créative Commons CC-BY-NC-20

 3°)L’Aérodrome de Famars pendant la guerre 14-18

Ci-dessous une photo datée du 17 Août 1917 avec le texte : « Bomben loch Am ende von flugplatz Famars ».

Traduction : « Trou de bombe au bout de l’aérodrome de Famars ».

8451104478_98638aa2be_b Aviation dans Famars

Quelques vues des hangars sans doute après une attaque aérienne, quelques avions se trouvent encore à l’intérieur.

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Autre vue du terrain avec les hangars en arrière plan.

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S’agissait-il d’un « crash » ou le résultat d’une attaque aérienne ?.

Gros plan sur l’image ci dessus , et on devine  dans le cercle rouge le Château de Famars avant sa destruction lors du bombardement d’ Octobre 1918.

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Plantage dans un champ de betteraves ; Il faut dire que l’industrie sucrière était très présente à Famars à cette époque.

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Ci-dessous une dernière photo , les spécialistes devraient pouvoir identifier le nom de cette escadrille grâce au N° inscrit sur la dérive et peut être confirmer que le baron Manfred Von Richthofen ( le baron rouge) serait passé par Famars sur un biplan Albatros ou au manche de son Fokker DrI Triplan peint en rouge vif.

Manfred Von Richthofen connait bien un autre as de l’aviation allemande il s’agit de l’ Hauptmann Martin Zinder commandant la Jasta 1 formée le 22 Août 1916. (Jasta est l’abréviation de  Jagdstaffel  autrement dit Escadron de Chasse) Celle ci est en fait la première et la meilleure Jagdstaffelshule  (école de pilotage) allemande de l’époque. C’est à Famars  à la Jasta 1 que sont formés les pilotes de chasse avant d’être affectés à d’autres unités.

 Les avions utilisés à l’entrainement sont essentiellement des appareils Français capturés lors d’atterrissages en zone occupée ou encore d’appareils réquisitionnés.(des Nieuport 17).

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Mise à jour du 08/10/2014:

ci dessous photo de Von Richtofen (le Baron Rouge) à Famars, cliquez sur le lien ci dessous:

Von Richtofen à Famars

 

Fin de l’article

Il faut quand même citer une petite anecdote au sujet de « ces merveilleux fous volants dans leur drôle de machine ».

Lors d’un meeting se déroulant sur l’aérodrome de Marly-la-Briquette  le jeudi 10 Octobre 1910, le pilote Bahiat doit se poser peu après son décollage dans une prairie de Famars, les habitants de Famars accourent, l’avion est repositionné, le moteur est remis en marche, Bathiat s’élève et pique droit sur l’aérodrome de Marly . Il atterrit face aux hangars au son de la Marseillaise et des hourras et il offre à ces dames les fleurs cueillies quelques instants plus tôt à Famars.

C’est peut-être à cette occasion  qu’est née l’expression  « les faucheurs de marguerites » en parlant de ces chevaliers du ciel.

 Cette anecdote est reprise du livre :   « Survols. Un siècle d’aviation dans le valenciennois ».

 

Dernière minute : pour info: l’aérodrome de Marly-la-Briquette  fêtera son centenaire les 4 et 5 Mai 2013 : Voir article « La voix du Nord » en cliquant sur le lien ci-dessous.

http://www.lavoixdunord.fr/region/des-cerfs-volants-pour-le-centenaire-de-l-aerodrome-les-ia27b0n1207522

 

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-Présence des templiers à Maing, Famars et Marly au Moyen Age – Le chemin des postes

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Mise à jour du 20/06/2016

Chapitre 1-Données Historiques.

-Depuis les Celtes, et peut être depuis le néolithique,  des voies ont été tracées pour relier les lieux de Culte,(voir article des-menhirs-a-famars/ de ce blog).

-A l’époque gallo-romaine ces voies  ont été dallées et entretenues pour faciliter le commerce, mais aussi dans un but militaire. On peut citer comme exemple la voie Aggripa  qui reliait Boulogne sur Mer à Lyon capitale des Gaules. Ces voies souvent appelées chaussées Brunehaut  ou encore Chaussées Royales, Grands Chemins…ont été  également empruntées pendant  des siècles par des pèlerins pour se rendre à  Rome, Jérusalem, Compostelle, Mont St Michel…

-Pour héberger les militaires le long de ces voies antiques  les romains construisirent des Mansiones  gites d’étape très confortables réservés aux officiers et aux voyageurs officiels.

D’autres hébergements furent construits le long de ces voies mais de qualité inférieure.

.les cauponae pour les voyageurs ordinaires

.Les tabernae pour la clientèle patricienne

.Les mutationes qui étaient des relais pour les véhicules, les animaux..On y trouvait les vétérinaires, charretiers, forgerons..

Ci-dessous la photo  de la reconstitution  d’une Mansio . à l’archéosite  « ARCHEON » à Alphen aan den Rijn (Hollande).

Lien :  http://rambambashi.wordpress.com/2008/04/

-Présence des templiers à Maing, Famars et Marly au Moyen Age - Le chemin des postes dans Archéologie archeon_mansio

Toute une Hôtellerie semble donc s’être installée le long de ces voies, on peut même dire que celle-ci perdure le long de nos routes nationales et autoroutes.

Très tôt après la chute de l’empire romain ou consécutivement à l’émergence de la chrétienté on peut aisément imaginer que tout un réseau offrant l’Hospitalité aux pèlerins et aux voyageurs se soit installé à la place de ces Mansiones , souvent au bord des mêmes voies de communication.

-Les moines au début de la chrétienté, proches du bas peuple, se sont attachés  à développer l’agriculture, l’élevage, assécher les marais  insalubres, construire des moulins, bref à développer le Pays. Certaines communautés proches de ces voies de communication offrirent donc  le gite et le couvert à tout pèlerin ou voyageur demandant l’hospitalité.

L’ordre de l’Hôpital (Les Hospitaliers) qui pris naissance en Orient, avant la première croisade (1096-1099) , reconnu en 1113 par le pape comme ordre religieux se chargeait de l’Hospitalité des pèlerins sur les chemins de pèlerinage vers Jérusalem. Mais la nécessité de créer une milice (milice du Christ) qui assurerait la protection des pèlerins (parfois musulmans) en proie aux brigands locaux et aux croisés aux buts non louables s’imposa.

Reproduisant l’organisation de la société médiévale c’est-à-dire

Trois « castes »

-les prêtres et moines  qui prient. Oratores.

-les guerriers ;Bellatores .

-les paysans : Laboratores.

Cette milice s’organisa suivant le même modèle :

-les chanoines s’occupant des affaires liturgiques.

-l’ordre de l’hôpital, des fonctions charitables

-la milice du Christ, de la fonction purement militaire.

L’ordre du temple, laïc (ne dépendant pas de l’église) et religieux se formalisa (sous la bienveillance de Saint Bernard, l’abbé de Clairvaux)  à Jérusalem dans les écuries proches du temple de Salomon par les chevaliers Hugues de Payns et Geoffroy de Saint Omer.

Cette communauté réunit dés le départ les Oratores et les bellatores avec toute l’ambigüité  de la situation : Tuer l’ennemi sans pécher.

La fondation de l’ordre date du  23 janvier 1120 lors du concile de Naplouse.

Les templiers de leur nom « Pauvres chevaliers du christ et du temple de Salomon » ne faisaient pas partie de la haute aristocratie. Hobereaux issus de la petite et moyenne aristocratie ils faisaient  don de tout ou partie de leurs biens à l’Ordre. Ils faisaient vœux d’obéissance, de chasteté, et de pauvreté. Avant 1120 les futurs templiers étaient même liés aux Hospitaliers par le « relief » c’est-à-dire  par le droit sur les restes alimentaires des repas.

C’est vers 1130 que les hospitaliers devinrent également un ordre militaire.

En 1147 le pape octroie officiellement aux templiers la croix pattée rouge. Auparavant les chevaliers étaient vêtus d’un manteau blanc, les sergents d’un manteau brun. La croix pattée rouge cousue sur l’épaule gauche.

Leurs « succès » lors des croisades vit les donations, les legs (terres, églises, immeubles) constituer un important patrimoine qui dégageait des ressources  pour financer les actions du Temple en Terre sainte. Leur réputation de sérieux les amena à gérer le Trésor royal en France. Ils seront les inventeurs du chèque  qui permettait aux pèlerins de se déplacer sans fortune dans leur bagage et d’effectuer des retraits dans les commanderies sur simple émargement.

Leur mission de protection des pèlerins se transforma  au cours des deux siècles qui suivirent en mission de protection des lieux Saints.

De nombreuses dérives dues à l’ambition de certains grands maitres, la perte par les croisés le 28 Mai 1291 de la ville d’Acre occasionnant  la perte de la terre Sainte, les richesses enviées par le roi de France Philippe IV (Le Bel),le refus du Grand Maître Jacques de Molay de  le reconnaître  comme Grand Maitre décida le Roi en 1307  à intenter un procès inique visant à  l’extermination des templiers.

Le Vendredi 13 octobre 1307  tous les templiers sont arrêtés. Ci dessous une illustration que l’on découvre à Laon dans le jardin de la chapelle de la commanderie.

Sur tout le territoire la même scène s’est répétée.laon-le-13-octobre-1307 Hospitaliers dans Famars

Le dernier Grand Maitre Jacques de Molay  et Geoffroy de Charnay périrent sur le bucher le 18 Mars 1314.

L’ensemble des biens de l’ordre du temple fut alors confié en gestion à l’ordre des Hospitaliers.

Pour en savoir plus: Regardez la vidéo ci-dessous de l’ émission « L’ombre d’un doute » : Les templiers victimes d’un roi Maudit ?

Narrateur: Franck Ferrand.

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Fin du préambule concernant l’histoire des Hospitaliers et des Templiers.

De très nombreux sites du net alimentent aujourd’hui encore bien des légendes et des controverses.

Pour plus de renseignements lire les livres du spécialiste des ordres religieux militaires : Alain Demurger, ainsi que le livre de l’historienne Simonette Cerrini « La révolution des templiers » préfacé par A. Demurger.

Chapitre 2-Présence des templiers dans le Valenciennois

-A la limite des 2 communes Famars et Maing on trouve un lieu-dit  dénommé l’Hôpiteau . Il n’y a pas de faute d’orthographe, il ne s’agit pas d’un Hôpital dans le sens actuel du nom mais d’un lieu qui offrait l’Hospitalité..

Photo ci-dessous : Lieu dit l’hopiteau  à Maing,  Rue de l’Hopiteau

maing-lieu-dit-lhopiteau1 Templiers dans histoire

maing-l-hopiteau Teutoniques

Données géographiques :

Sur les cartes de l’IGN actuelles  c’est ce nom qui est imprimé, par contre

-Sur l’ atlas de Trudaine,(dates 01/01/1745-31/12/1780)  voir ci-dessous, le nom porté est Cense de l’Hopital et se trouve en bordure  du « Chemin des  Postes ».

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Reproduction interdite .Ce document fait l’objet d’une License de publication pour paraitre sur ce blog. Document conservé aux Archives Nationales, Paris.

Source : Archives Nationales : Atlas de Trudaine cote F/14/8481 p020r01.p.

Ce chemin des postes dont la création remonterait à la fin du moyen age  reliait Bruxelles à Paris  en passant par Marly, Aulnoy, Famars, Maing, Monchaux, Haspres, et rejoignait semble t’il la Chaussée Brunehaut (Bavay-Cambrai) à Villers en Cauchies.

Il longe encore actuellement sur plusieurs kilomètres l’Autoroute A2 (E19)  entre la frontière Belge et Valenciennes.( en passant sur le site Toyota , ceci pour l’anecdote). On en retrouve aussi des sections au Nord de Paris à Livry-Gargan (93), à Bonneuil (95) le long de l’autoroute du Nord A1 ainsi qu’à Soignies(B) près de Mons et à Waterloo près de Bruxelles.

Le premier relevé des chemins des postes établi par Nicholas Sanson date de 1632: ci dessous un extrait  que l’on trouve sur le site de la Bibliothèque Historique des Postes et Télécommunications: (cote 10-1-18)

carte chemin des postes

En cliquant sur le lien ci dessous vous aurez la cartographie des chemins des postes.

Lien vers La B.N.P.T

http://www.bhpt.org/cartes/carte10118/TemplateWebPage.htm

Le chemin des postes, au même titre que les chaussées Brunehaut, semble donc être une voie très ancienne parcourue par des pèlerins ,des voyageurs , des chevaucheurs de toute époque et c’est donc tout naturellement que l’on y retrouve un « Hopital » à Maing et une commanderie à Marly lez Valenciennes.

Marly se trouvait  être une étape d’un chemin de Compostelle. Dans le cœur  de l’église actuelle on trouve une statue en bois polychrome représentant  un pèlerin   de retour de Compostelle avec son bâton de pèlerin et des coquilles sur le manteau symbolisant ainsi St Jacques.

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Ci dessous quelques survivances de cette voie dans le Valenciennois

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Il est même possible que le chemin des postes ait une origine Gallo Romaine :

Lire l’ article ci dessous concernant la cadastration Gallo Romaine du Cambrésis. Cliquez sur le lien :

http://camerix.pagesperso-orange.fr/Rech-Cadastre.htm

Le site ci dessus n’est plus accessible

-Sur les plans  du cadastre de Famars  datant du  consulat (1830) , le Chemin des postes est appelé  « Chaussée Brunehaut ».Sans doute une erreur des employés du cadastre de l’époque mais nous éclairant sur l’importance de cette voie.

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Ci-dessus : Gros plan sur la chaussée Brunehaut et mise en  évidence de celle-ci

Reproduction interdite .Ce document a fait l’objet d’une autorisation de publication pour paraitre sur ce blog.

Source :Archives départementales du Nord. Cadastre cote P31/587 1830

-Sur les cartes actuelles le chemin des postes change de nom à l’entrée de Famars et devient « la cavée » après le pont de la tranquilité ,puis rue de Feleine, puis rue de Maing, puis D288 jusque Maing.

Hopiteau, ou  Ospital à Maing , qu’en dit Wikipedia ?

Le lieu-dit l’Hopiteau où s’érige une ferme du même nom, correspond à un fief très ancien qui est déjà attesté en 1257 sous la forme « Fief de Ciply », ainsi que dans le cartulaire de Fontenelle (XIIIe siècle) sous les formes « Cepli » et « l’Ospital ». Ce fief relève d’abord de l’Ordre Hospitalier des Chevaliers du Temple de Jérusalem, c’est-à-dire des Templiers, dont la Commanderie dans le Hainaut siège à Ciply (Belgique). Après dissolution de l’ordre, par Philippe IV le Bel, certaines possessions passent à l’Ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem, puis échoit à celui des chevaliers de Rhodes et, enfin, aux chevaliers de Malte. La commanderie s’établit alors à Forchies-Piéton (Belgique).

Ci-dessous extrait du cadastre de Maing  relevé en 1831

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Ci-dessus : Gros plan sur l’hopital , sa chapelle et mise en  évidence de ceux-ci.

Reproduction interdite .Ce document a fait l’objet d’une autorisation de publication pour paraitre sur ce blog.

Source :Archives départementales du Nord. Cadastre cote P31/601 1831

 

Autres implantations proches de Famars

Rappel : Famars se trouve au milieu de la « patte d’oie » formée par deux voies antiques (chaussées Brunehaut) .Le chemin des postes croisait ces deux voies.

La chaussée Brunehaut BAVAY-CAMBRAI-AMIENS

La chaussée Brunehaut BAVAY-ESCAUPONT-TOURNAI

On peut noter qu’une  «Cense de la commanderie » se trouvait à la Flamengrie en bordure de la Chaussée Brunehaut Bavay-Tournai.

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Ci-dessus : Gros plan sur la Commanderie en bordure de la chaussée Brunehaut Bavay-Tournai  et mise en  évidence de celle-ci.

Reproduction interdite .Ce document a fait l’objet d’une autorisation de publication pour paraitre sur ce blog.

Source : Archives départementales du Nord. Cadastre cote P30/133 La Flamengrie

A Marly, banlieue de Valenciennes, à proximité du chemin des postes se trouvait  la maison du temple de Beaulieu. Des documents permettent de situer celle-ci comprenant cense et chapelle au niveau du carrefour de Romainville, à gauche en remontant la grand’ route.

De part sa position stratégique elle commandait un véritable « Nœud routier »  c’est-à-dire :

-les deux directions du chemin des postes, d’une part vers Mons et Tournai (Chaussée Brunehaut Bavay-Tournai) d’autre part vers Cambrai en passant par Famars et Maing et sa cense de l’Hopiteau.

-le « vieux chemin de Bavay » conduisant à cet autre nœud routier.

-le chemin de Préseau et la chaussée de Valenciennes au Quesnoy.

Ce carrefour, qui évitait de traverser Valenciennes et ses Octrois était gardé par les templiers…(source : Livre vert « Marly, les histoires »)

Après l’abolition de l’ordre lors du concile de Vienne par la bulle papale Ad Providam du 2 Mai 1312,  le temple de Beaulieu fut incorporé aux biens de l’Hopital de St Jean ( les Hospitaliers).

Ouvrir, pour plus de détails, le lien ci-dessous vers un article de la Mairie de Marly.

http://www.marly.fr/spip.php?article16

 

Chapitre3-Récits des voyages de Jean de Tournay

Jean de Tournay, riche commerçant de Valenciennes entreprend entre le 25 Février 1487  et le 7 mars 1489 un pèlerinage à Jérusalem.il décrit avec beaucoup de détails ses périples.

En voici un très court extrait de son départ de Valenciennes.

[fol.2 r.] C’est le papier du Sainct Voiaige de Hiérusalem, lequel Sainct Voiaige entreprint à faire Jehan de Tournay en son tampz marchant de la ville de Vallenciennes et se partyt de sa mayson le lundy XXVe de febvrier an 1487 et quy estoyt le jour de sainct Mahieu apostre, lequel lundy fut le premier lundy de quaresme, dont en cedict an bissexte sallit. Et ledict Jehan, environ douze heures et demye après disner, accompaigné de monseigneur Jehan de Tournay son frère, abbé de l’église de sainct Jehan en Vallenciennes, Jehan le Liepvre, Pierre de Lonnain et aultres s’en vindrent en la ville de Montz. Ossy cedict jour, ledict Jehan envoia ung jeune filz nommé Jennin Honseaulx toujours devant luy jusques en la ville de Coulloigne, et estoit ledict Jennin à pied.

Lendemain mardy XXVIe dudict moys, moy accompaigné dudict seigneur de sainct Jan et aultres vinsmes jusques à ung villaige oultre ladicte ville de Montz que on appelle Casteaux, et là endroit se print le congiet des deux frères et aultres parentz et amys, et allors allay chevaulchant avec Martinet de Laderière fils Jehan et passames parmy la [fol.2 v] ville de Sognies, la ville de Branie, la ville de Nostre-Dame de Hal et coucher en la ville de Brouxelles quy est au pays de Brabant…….

 Que peut-on y lire ? :

Le jour de son départ : le 25 février 1487 vers midi et demie.

La direction qu’il prend pour rejoindre Jérusalem ? : Mons

Le lendemain il prend la direction de Bruxelles.

On peut établir ce court Scénario de sa première journée :

Vers midi Jehan de Tournay quitte Valenciennes, il passe par Marly (ou éventuellement par Famars et Maing) pour se rendre dans une de ces deux censes Hospitalières, il y fait des dépôts à fin de ne pas emporter sur lui de grosses sommes d’argent, (sachant qu’il pourra en retirer dans n’importe quelle commanderie située sur la route.de Jérusalem) et il prend le chemin des postes qui le conduit à Mons. Son voyage continue ensuite vers Bruxelles…..pour connaître la suite ouvrir le lien ci-dessous :

http://lodel.irevues.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=1394

Transcription du manuscrit de Jean de Tournai
Complément au récit de voyage publié aux éditions La Louve, Le Voyage de Jean de Tournai. De Valenciennes à Rome, Jérusalem et Compostelle (1488-1489), ISBN978-2-916488-50-9)

Fanny Blanchet-Broekaert

Chapitre 4-Conclusion :

A toutes les époques de notre histoire  et même de la préhistoire Famars à été un important point de passage.

Point de passage à l’époque Celtique vers le centre cultuel de Bavay ,puis point de passage des militaires Romains vers les garnisons de l’empire et des voyageurs vers les ports de la mer du Nord ,vers les autres villes de la gaule Belgique…

Toute une infrastructure routière, Chaussée Brunehaut, voies antiques, voies royales , chemins des postes a été accompagnée d’un réseau que l’on appellerait maintenant Hôtelier mais dont les « gites d’étape » comme nous l’avons vu portaient le nom de Mansiones à l’époque Gallo Romaine , Hopiteau ou opital au moyen âge. ( Novotel, Ibis, Formule 1…à notre époque).

Les ordres Hospitaliers et Templiers avec leur censes et commanderies assuraient les fonctions hôtelières et de « gendarmerie » le long de ces voies .Sans oublier les maladreries destinées à soigner les pèlerins, croisés, voyageurs atteints de maladies contractées en ces terres lointaines :Lèpre, peste, vérole….qui sont devenus nos Hôpitaux.

Chapitre5-Informations complémentaires 

Ci-dessous  une vidéo  d’ une cinquantaine de minutes qui raconte l’ histoire des Chevaliers Teutoniques.(Autre ordre militaire religieux).

 Cliquez ici

Source: Dailymotion  http://www.dailymotion.com/video/xqgj4u_les-chevaliers-teutoniques_news

On y apprend ,vers la 23ème  minute du film, (déplacez le curseur en bas de la vidéo ) que tout un réseau de « chemins des postes » reliait les commanderies Teutoniques  de Prusse et d’ Europe et permettait en moins de deux jours de les joindre d’un bout à l’autre de l’état.

De la même façon il n’est pas déraisonnable de penser que Famars ait vu passer au grand galop par le chemin des postes des messagers-templiers assurant la communication entre les commanderies depuis Bruxelles jusqu’à Paris..

Fin de l’ article

Reprise de l’article le 01/09/2013

Ce jour comme tous les ans , la commune de Maing a organisé une fête médiévale à proximité  du Castel des prés.

Les chevaliers Teutoniques et Templiers étaient encore bien présents.

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Nouvelle fin de l’article

Nota: La description , le rôle du chemin des postes décrits dans cet article  sont  sans garantie d’authenticité historique  . Ce ne sont que spéculations de ma part, il manque de nombreuses références pour confirmer mes assertions.

Les extraits des plans du cadastre sont publiés d’une part avec l’ autorisation des Archives Départementales du Nord et d’autre part après l’obtention d’une licence de réutilisation de données publiques auprès des Archives Nationales. Ces documents ne peuvent êtres reproduits sans leurs autorisations. Les ajouts portés sur ces extraits des plans du cadastre , Flèches,soulignages mettant  en évidence des noms propres de lieu sont  conformes à l’article 3 d des obligations du licencié.

Les photographies sont personnelles sauf celle de la Mansion à l’ archéosite « ARCHEON » à Alphen aan den Rijn (Hollande).

Le « livre vert  Marly, les histoires. »  publié par l’office du tourisme de Marly est disponible à la bibliothèque de Valenciennes .J’y ai  découvert la commanderie des templiers de Marly (maison du temple de Beaulieu) et  son importance historique.

mise à jour du 04 Juillet 2014


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