Jardin à Pois, Rhonelle et alentours

» Catégorie : aviation 14-18


-The battle of Famars

Commentaires » 5

 ____________________________________________________________________________

1°) Préambule : Pourquoi un titre en anglais pour cet article ?

 En fait, il s’agit d’une bataille perdue à Famars par l’armée du Nord le 23 Mai 1793 face aux alliés (Anglais, Autrichiens, Hollandais, Hanovriens………) lors de la défense de Valenciennes.

Mais comme le dit l’adage : l’histoire est écrite par les gagnants, cette défaite a donc été vite oubliée. Sauf par les confédérés.

2°) Comment en est-on arrivé là ?

D’abord il y a le contexte historique : En 1793  la première république vient d’être proclamée, les français ont guillotiné  leur roi le 21 janvier, toute l’Europe des rois, princes, empereur s’inquiète  et voudrait ramener à la raison ces français et leur république.

Le 1° Février la convention républicaine déclare la guerre à l’Angleterre et aux provinces unies ce qui entraine en réaction la première coalition  constituée des Britanniques, des Autrichiens, des Hollandais, des Russes, des Piémontais, des Sardes,  des Prussiens, des Espagnols, des Siciliens. Bref toute l’Europe se dirige vers nos frontières.

Les frontières du Nord

Le nord de la France  ne dispose pas de barrières naturelles, il a été de tout temps une terre d’invasion et d’occupation, le tracé de la frontière a toujours été très fluctuant. Les Nordistes ont été a différentes époques sous domination Autrichienne, Allemande, Espagnole au gré des invasions.(sans oublier toutes les invasions barbares du moyen âge)

Au siècle précédent Louis XIV avait entrepris  la prise de toutes les places fortes entre Dunkerque et les Ardennes. Après la prise rapide de la place forte de Valenciennes en 1677 (dont l’artisan était le génial Vauban)…Louvois convainc le roi de créer ce que l’on appelle le pré carré constitué des 26 places fortes situées sur deux lignes le long de la nouvelle frontière. Voir illustration ci-dessous.

Pour renforcer le système certaines places permettent le tir croisé avec une autre place. Il en va ainsi pour Valenciennes, Bouchain et Condé.

-The battle of Famars dans aviation 14-18 le-pre-carreSource:  http://theudericus.free.fr/Vauban/Vauban_France/Vauban_France.htm

3°) Que se passe-t-il en ce début d’année 1793 ?, les événements se bousculent :

140 000 coalisés ( Autrichiens , Hollandais, Anglais, Hanovriens) se dirigent vers le pré carré. A leur tête le duc d’York et le prince de Saxe Cobourg ainsi que les généraux Clerfayt, Ferraris, Collorado qui se dirigent vers Valenciennes….Ils savent qu’il suffit de prendre une de ces places fortes pour enfoncer le système défensif et fondre sur Paris.

Devant eux l’armée du Nord qui ne dispose que de 40 000 hommes mal équipés et peu disciplinés.

-Le 18 mars la France perd la Belgique, terrible bataille de Neerwinden . L’armée du Nord commandée par Dumouriez abandonne Mons et compte se replier sous la protection de la place forte de Condé sur l’Escaut. (à quelques Km de la place forte de Valenciennes).Mais Dumouriez ambitieux voulant négocier une paix séparée avec les coalisés entreprend des négociations pour leur livrer la place forte de Condé. Dans son esprit cette manœuvre  stopperait l’avance des conjurés dont il aurait pris le commandement. Il lui suffirait alors  d’attendre la restauration de la royauté lui permettant de rentrer à Paris couvert d’honneurs !

-Le 21 Mars la convention crée les comités révolutionnaires. Les commissaires de la république ont tout pouvoir sur les administrations civiles et militaires.

-Le 1 Avril Dumouriez fait converger ses troupes vers Valenciennes et vers Condé et s’installe « aux boues de St Amand les Eaux »

-Le 2 Avril La convention envoie 3 commissaires pour arrêter Dumouriez à son quartier général de St Amand, mais c’est lui qui les fait enfermer.

-le 6 Avril il décide de passer dans le camp adverse, ses soldats découvrent sa trahison  et le surprenne en train de traverser l’Escaut. Ils lui tirent dessus sans l’ atteindre.

trahison-de-dumouriez Valenciennes dans Famars

Source : Gallica Bibliothèque Numérique de France (BNF)

lien http://gallicalabs.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84118665

Analyse de l’estampe :

-Au centre traversant l’Escaut sur son cheval : Dumouriez

-A gauche sur les rives de l’Escaut : Son armée qui lui tire dessus.

-Toujours à gauche, derrière l’armée du Nord, le camp Français devant les remparts de Valenciennes

-A droite, indifférents : Les coalisés (York et Saxe Cobourg ?)

-En arrière plan , abusivement surdimensionnés, sans doute le Mont d’ Anzin, le Mont Houy…étrangement surmontés de forteresse. (le graveur a sans doute voulu faire figurer sur la même estampe les forteresses de Condé, Maubeuge, Bouchain…).

Mais la réalité est différente : Dumouriez cerné, poursuivi le long de l’Escaut sous une grêle de balles parvint au bac de Wiers .( B) et rejoignit les confédérés .

Les soldats français dépités, indignés  sans réel commandement se replient vers Valenciennes. Beaucoup désertent.

Lire les détails de cette désertion en cliquant ici (Site de la ville de Odomez)

le Général Ferrand, (Jean Henri Bécays Ferrand de la Caussade) commandant de la place de Valenciennes rallie cette armée mal équipée, galvanise les hommes et place les troupes de Dumouriez à Marly lez Valenciennes, Aulnoy lez Valenciennes  et sur le Mont Houy à Famars. Il organise la défense de Valenciennes, rassemble et motive  les déserteurs et les soldats de la garnison .Total 9500 hommes. Il fait rentrer rapidement les foins et les animaux, fait saisir les chevaux des particuliers pour tenir un siège.

 Vauban au siècle précédent  avait estimé que la place de Valenciennes pouvait tenir un siège de 6 semaines maximum (mais l’armement a  beaucoup évolué depuis).

-Le 9 Avril   les coalisés entrent sur le territoire Français et menacent Lille, Condé, Valenciennes et Maubeuge.

York installe son quartier général à Estreux(à l’Est de Valenciennes)

Ferraris , commandant des travaux de siège  s’installe à Onnaing (au Nord de Valenciennes).

Les bois de Raismes, Hasnon, Vicoigne  sont pris par les confédérés.

Les camps de Bruille, Maulde, St Amand sont occupés

Un tiers de Valenciennes est déjà entouré par une circonvallation depuis le village de St Saulve jusqu’à ceux de Trith, Fontenelles, Préseau.

Du coté Français la trahison de Dumouriez et de sa marche avortée  sur Paris force la convention à réagir, l’armée se réorganise, de nouvelles troupes sont levées, environ 300 000 hommes .Les commissaires  nommés par la convention  ont tout pouvoir, ils deviennent les arbitres du sort des généraux qu’ils font monter aussi facilement sur un char de triomphe que sur un échafaud.

- Douze d’entre-eux rejoignent l’armée du Nord.

-12000 hommes sont envoyés à Cassel et une autre division de 12000 hommes à Lille.

Le Marquis Auguste Henri Marie PICOT de DAMPIERRE  simple enseigne aux gardes en poste à Le Quesnoy devient Général en Chef de l’armée du Nord, il remplace Dumouriez .Son armée ne comprend alors que 30 000 hommes, il a pour mission de défendre Condé et Valenciennes. Du 5 au 20 Avril avec l’aide des députés de la convention  il réorganise son armée devant Bouchain pour être assez éloigné du Prince de Cobourg

 -Le 20 Avril Dampierre  ramène son armée à Famars sur le Mont Houy , position stratégique entre l’Escaut et la Rhonelle. Sa position domine Valenciennes  et les deux vallées. Ses canons sont placés à l’abri de ce que l’on nomme à l’époque « Camp de César » mais qui sont les murailles du castrum gallo-romain  dont il reste encore quelques vestiges à notre époque.

Ci-dessous extrait du cadastre de 1830  (Tracé une trentaine d’années plus tard) qui montre avec un agrandissement à la loupe les murs du castrum Gallo romain.

constructions-romaines-cadastre-1830 dans Guerres-de-la-Révolution

Source : Archives départementales du Nord Famars 1830 cote P31 587 Cadastre Napoléonien

Ci-dessous extrait d’une carte d’état major du  19éme siècle  montrant les redoutes de Famars sur le « Rouge-Mont » jouxtant le Mont Houy.

les-3-redoutes dans histoire

Source Géoportail de l’IGN /cnes/Astrium

 Cette préparation en vue d’une  offensive redonne espoir aux troupes de la Nation,

A Famars, Dampierre est pressé par les commissaires de la  convention de mener une opération audacieuse mais risquée pour débloquer Condé sur Escaut .En fait il s’agit avec 30 000 hommes découragés, mal équipés d’affronter les 45 000 alliés (certaines sources disent 80 000) . Dampierre, d’abord réticent  compte jouer sur l’effet de surprise et sur la dispersion des divisions de l’ennemi.

 

-Le 1° Mai l’attaque générale est lancée,: Dampierre  a formé 2 colonnes dans le but d’attaquer les troupes de Cobourg sur une ligne reliant Sebourg à St Amand et débloquer Condé en même temps.

Un plan de la zone est nécessaire pour ceux qui n’habitent pas le Valenciennois

1-mai-1793 dans Valenciennes

Source :carte de Cassini sur le Géoportail de l’Institut géographique National (surchargée des noms des villes et villages concernés par la bataille de Famars) .Note de l’auteur.

En jaune : villages, bois, aux mains des confédérés.

En bleu :réduits Français

Etat des lieux

D’abord les confédérés

-York est à Tournai(B) à 30km de Valenciennes.

-Le prince Cobourg est à Onnaing (à quelques km au Nord-est de Valenciennes) depuis deux jours.

-Les Hollandais sont entre la mer du Nord et la Lys.

-Clairfayt occupe Raismes et Vicoigne près de St Amand les Eaux.

-Les Prussiens occupent les alentours de St Amand les Eaux

-l’ensemble des troupes suivantes forme, du Nord au sud de Valenciennes, un arc de cercle.

*le corps d’armée de Clairfayt est positionné à  Escaupont entre St Saulve et Condé

*Le gros de l’armée Impériale sous les ordres de Ferraris, Colloredo, Benjowski se trouve entre St Saulve et Rombies

*Le centre du dispositif  (St Saulve, Curgies, Estreux) est renforcé par les troupes légères du Général Otto.

-Le Prince de Wurtemberg bloque Condé.

-Latour et Reuss tiennent Bavay et observent la place forte de Maubeuge.

Les confédérés se préparent au siège de Valenciennes.

L’armée du Nord (sous les ordres de Dampierre)

-Il est 4H00 du matin, ce 1er Mai , les Français vont attaquer l’armée Impériale sur toute la ligne,

-Quelques 2000 hommes viennent en renfort de la place forte du Quesnoy en se dirigeant vers Jenlain.

-Une division de l’armée des Ardennes commandée par le général Lamarche se dirige vers Curgies et Saultain

-Depuis Famars Dampierre envoie une colonne sur la rive Droite  de l’Escaut vers St Saulve et Onnaing.

L’autre colonne vers Vicoigne , Raismes et St Amand , les postes intermédiaires Hasnon et Orchies  étant chargés de faire des diversions.

-Le général Lamarlière déplace une partie de ses troupes de Lille vers St Amand pour contenir l’armée Prussienne.

Les événements de cette journée

L’ensemble de ce dispositif, jugé incohérent par la suite, (il eut été préférable de rassembler les ¾ de l’armée et d’affronter un seul corps  d’armée en sachant que l’Escaut divisait naturellement les troupes ennemies.) tourne rapidement au désastre.

-Lamarlière avec ses 13 000 hommes se cantonne aux ordres reçus « contenir l’armée Prussienne dans leur camp de Maulde », il perd ainsi l’occasion d’anéantir cette division qui ne comptait que 4 000 hommes !

-La première colonne lancée par Dampierre  vers Condé (le long de l’Escaut rappelons-le) est rapidement bloquée par le général Ferraris

-Le comte de Collorédo en seconde ligne est averti de l’avance du général Lamarche vers Curgies et Saultain, Il se dirige vers lui et l’oblige à repasser la Rhonelle et rejoindre son camp.

-La garnison de Valenciennes  commandée par le général Ferrand, positionnée sur les hauteurs du moulin du Roleur est  attaquée par le général Ferraris, elle  rentre précipitamment à couvert derrière les remparts de la ville.

-L’autre Colonne envoyée par Dampierre vers Vicoigne et St Amand, après avoir forcé les avant- postes est rapidement attaquée par le corps d’armée de Clerfayt aidé des Prussiens. Elle se replie vers la position d’Anzin devant les remparts de Valenciennes.

-La percée fulgurante de Dampierre vers Condé est vite stoppée, le centre de sa première colonne ne peut soutenir le feu des batteries Autrichiennes et après de durs combats il en est réduit à se retirer dans son camp de Famars pour ne pas être encerclé.

Cette journée, était nécessaire pour remonter l’honneur et la confiance des troupes. L’armée du Nord passait enfin à l’offensive, Les assiégés de Condé et de Valenciennes reprenaient espoir.

Que fait Dampierre ? Il veut attendre des renforts pour renforcer son armée, ils lui sont promis, il vient de perdre 2000 hommes aujourd’hui dans cette attaque, mais le gouvernement ne l’entend pas de cette oreille, les commissaires de la convention sont inflexibles : Il faut reprendre Condé .(Place forte en première ligne du pré- carré) .Contraint  d’obéir il décide de préparer une nouvelle attaque pour le 8 Mai 1793.

-Le 8 Mai.Dans l’ensemble les mêmes tentatives sont lancées pour reprendre Condé. Dampierre contourne Valenciennes par l’ouest, après quelques succès vers Raismes, (ses troupes sont sur le point d’entrer dans Raismes) il est convaincu que le succès de la bataille dépend de cette prise. Mais les Autrichiens  débouchent de ce village, Les Français subissent de lourdes pertes, soutenus par des renforts du Général Hédouville, ils  repartent à l’attaque mais sont stoppés net par les troupes de Clairfayt et Weneken.  Chacun reste sur ses positions.

Dampierre, opiniâtre, est vraiment persuadé que l’issue de la bataille dépend de la prise des deux redoutes de Raismes, il se met à la tête de 8 bataillons .Ils franchissent quelques abattis près du bois de « Bonne Espérance » (abattis : obstacle constitué des branches d’arbres étendus en rangs, avec les dessus affilés dirigés à l’extérieur vers l’ennemi déf : Wikipedia) quand un boulet lui emporte la cuisse droite .

lesgenerauxmor00char_0036

Source « Les Généraux morts pour la patrie (1792-1871) » cliquez ici

Cet événement malheureux refroidit les ardeurs, les troupes se débandent, Le général Lamarche prend le commandement de l’armée et juge en accord avec les républicains de faire retraite  en bon ordre sur Famars  pour protéger Valenciennes et soutenir Condé dès qu’ils en auraient l’occasion.

Le général Lamarlière reçoit l’ordre de se replier sur Lille.

Le général Dampierre est emmené à Valenciennes pour tenter une amputation des lambeaux de sa cuisse droite, mais il décède des suites de l’opération le lendemain matin 9 Mai 1793.Il est inhumé près de son camp de Famars. On peut en retrouver l’emplacement sur une carte du cadastre de 1830 tracée quelques années après ces événements.

On lit dans  le dictionnaire Rouchi-Français cette phrase « Le général Dampierre a été enterré sur le Mont Joui (ou mont de Jupiter).On a longtemps respecté 5 arbres plantés sur sa tombe ».

voir ci dessous l’extrait du plan du cadastre de 1830:

larbre-de-dampierre-

Source : Archives Départementales du Nord document FRA D059 cote P31 587 01 0896

Sa dépouille sera transférée en 1836 sous une colonne appelée « Pyramide Dampierre » élevée à sa mémoire à l’entrée de Valenciennes.( Aux 4 Pavés de St Waast) Son cœur a rejoint l’église de Dampierre (Aube) Cette colonne sera déplacée en 1955 pour réaménager le carrefour, sa dépouille la rejoindra en 2001 au centre de la place qui porte son nom, mais plus connue sous le nom de Pyramide de Dampierre.

Ci dessous

La plaque commémorative en marbre blanc  au n° 68 de la rue du Quesnoy à Valenciennes nous indique l’ hôtel où il est décédé, mais il s’agirait d’une erreur, Dampierre serait décédé au N° 70. ( L’immeuble au N° 68 n’étant pas encore construit à cette date) Source : Richard Lemoine

valenciennes-68-rue-du-quesnoy

Ci dessous :La colonne (ou pyramide) Dampierre.

valenciennes-colonne-de-dampierre

valenciennes-socle-colonne-dampierre

La mention portée sur le socle de la colonne n’est pas tout à fait exacte puisque Dampierre fut blessé devant Raismes le 8 Mai 1793 et décédera le 9 à Valenciennes.

Ci dessous quelques vers de Victor Hugo (Les Châtiments)

« Un jour on déterra un de ceux de l’an deux.

Un vrai républicain, le général Dampierre

On le trouva couché tout armé sous la pierre

Et portant, fier soldat que nul n’avait vu fuir,

L’épaulette de laine et la dragonne de cuir ».

Ci dessous :Vue du Mont Houy prise de la colonne Dampierre.

Source: Bibliothèque de Valenciennes; Patrimoine numérique. http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_V_F19LEC0001/F_08/v0001.simple.highlight=1793.selectedTab=otherdocs.hidesidebar

:-) Vous pouvez faire un zoom avec la molette de votre souris et vous déplacer dans l’image avec le clic gauche.

4°) La Bataille de Famars

Le chapitre précédent a permis  de prendre connaissance des acteurs de cette bataille, des troupes engagées, et de la position de leurs campements autour de Valenciennes.

Quel est le plan du Prince de Cobourg ?

Il se dit que Condé sera bientôt prise, le blocus de la place  déjà en manque de vivres, conduira prochainement à sa reddition. La prise d’une place intacte sera d’un grand intérêt pour servir de dépôt aux alliés.

Il décide d’entreprendre le siège de Valenciennes .Valenciennes prise, le pré- carré sera enfoncé, il lui suffira de fondre sur Paris, mais l’épine au pied de ce projet c’est l’armée du Nord installée à Famars sur le  Mont Houy .Bien campée derrière ses redoutes, celles d’Aulnoy, Artres et de Marly . Positionnée entre les Vallées de La Rhonelle et de l’Escaut et dominant Valenciennes.

Les confédérés voient arriver un renfort de 12 000 Hanovriens, l’attaque est fixée au 23 Mai.

Le gros de l’armée attaquera Famars, les autres corps se porteront  sur Armentières, et Orchies. Les Prussiens attaqueront Hasnon, Clerfayt se portera sur Anzin, Colloredo fera diversion devant Valenciennes.

-23 Mai 1793 ,

2H00 du Matin ,dans le brouillard, les troupes de Cobourg et de York se dirigent vers Famars par l’Est  mais se heurtent rapidement aux redoutes avancées d’ Aulnoy sur l’autre rive de la Rhonelle. La forte résistance de l’artillerie Française oblige Ferraris à faire appel aux 7 bataillons  d’Abercromby, l’attaque dégénère rapidement  en canonnade qui se poursuit jusqu’à la nuit et la prise de la position.

Simultanément les avant-gardes d’Anzin sont menacées par Clerfayt mais résistent.

 Les troupes Autrichiennes et Anglaises sous les ordres du duc d’York se voient contraintes de contourner Artres et de passer la Rhonelle à Maresches. C’est alors que York décide d’arrêter son avance avant la tombée de la nuit, ses troupes sont épuisées, son chef d’état major est légèrement blessé et puis la victoire leur est sûrement acquise, on peut attendre le lendemain pour attaquer Famars. !

map_of_the_battle_of_famars

Source Wikimedia :http://commons.wikimedia.org/wiki/File:Map_of_the_Battle_of_Famars.jpg

NB :Sur la carte ci dessus  l’Escaut porte le nom de « Scheldt ».

-§-

Ci dessous une estampe intitulée : « La victoire des alliés sur les Français prés de Famars le 23 Mai 1793″

Victoire des alliés sur les Français près du camp de Famars-Source Bnf GallicaSource Bnf- Gallica  http://gallicalabs.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84118702

Anecdote : The West Yorkshire régiment est passé à l’attaque de Famars en jouant le chant révolutionnaire Français « ça ira ! ».(Humour anglais sans doute ! ou guerre psychologique ? ) La cour d’Angleterre est actuellement fertile en défilés, fêtes, parades, si vous entendez à la télé le « ça ira » Français joué par le band du Yorkshire Régiment en présence du Prince Andrew ce n’est pas en l’honneur des Français mais de la bataille de Famars gagnée par son aïeul.

Lien : http://www.youtube.com/watch?v=09HfypSZFYA

Ci dessous le Duc d’York à la bataille de Famars : source:Gallica :Bibliothèque Nationale de France.

f1

To His Royal Highness the Duke of York : This Print of the Memorable Attack upon the French Camp on the hills of Famars near Valenciennes by the Hanoverian Corp de Garde & Combined Armies Under the Command of His Royal Highness on the 23.d of May 1793, … : [estampe] / M. Brown pinx.t ; D. Orme sculp.t

Lien cliquez ici

-23 Mai 1793 , 16H00

Profitant de cette accalmie  le général Lamarche (Commandant de l’armée du Nord) rentre à Valenciennes et rencontre les commissaires du peuple et le général Ferrand (Commandant de la place de Valenciennes).Le constat est simple :il est impossible numériquement de tenir le camp de Famars, il faut sauver l’armée du Nord du désastre et par conséquent laisser Valenciennes à son sort.

 Il est certain que la ville sera investie ce soir ou demain matin. Ferrand obtient de Lamarche  un renfort de 17 bataillons mais pas les meilleurs. Il est décidé que l’armée du Nord se replie entre Bouchain et Cambrai.

-Nuit du 23 au 24 Mai.

Les camps de Famars et d’Anzin sont évacués sans perte. York se réveille devant un camp vide et l’occupe.

La bataille de Famars est terminée, le siège de Valenciennes va commencer.

 

5°) Le siège de Valenciennes

-Le 24 Mai Le général Ferrand décide, comme cela s’est produit à plusieurs reprises dans le passé d’inonder la campagne au Sud de Valenciennes.(l’inondation du Nord de Valenciennes dépendant, elle, de Condé sur Escaut).

Les écluses des repenties placées sur l’Escaut au pied de la citadelle, rénovées par Vauban lui semblent un bon moyen de retarder le siège  ceci avec l’appui de la porte d’eau de la Dodenne sur la Rhonelle. Mais l’eau ne monte pas assez vite, il apprend que les écluses sont en mauvais état, il fait planter des pieux pour les renforcer et combler les réparations avec les matériaux qu’il trouve, terre, pierres et même fumier. En 5 jours l’inondation sera à son niveau maximum.

Ci dessous l’écluse des repenties sur le vieil Escaut.

valenciennes-ecluse-des-repenties

York positionne ses batteries, environ 400 bouches à feu, sur les hauteurs qui entourent Valenciennes  c’est-à-dire le Mont d’ Anzin, le Roleur , le Mont Houy, les hauteurs de Trith. Et lance un feu continuel qui dura sans relâche 43 jours et 43 nuits tant sur les fortifications que sur la ville.

La ville va subir le feu de 300 000 boulets, obus et bombes. Elle sera par moitié réduite en cendres et l’autre moitié très endommagée.

defense-de-valenciennes-france-militaire1

Source : Défense de Valenciennes :France Militaire (Google Books)

Le général Ferrand est confronté à de multiples problèmes inhérents à cette situation, Soldats qui se révoltent (les fuyards de Dumouriez et les « renforts » laissés par le général Lamarche) Trahison de canonniers qui tirent « à blanc » , espions qui renseignent York  sur la situation des assiégés. Population qui se réfugie dans les souterrains, réserves de munitions qui explosent, 2500 blessés, maladies contagieuses…

Plusieurs brèches s’ouvrent dans les remparts. Les assauts sont de plus en plus difficiles à repousser.

-Le 30 Mai : Les Valenciennois jurent sur l’autel de la patrie de défendre leur ville à outrance.

Source: Bibliothèque de Valenciennes. Patrimoine numérique.  http://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_V_B19LEO0003/v0001.simple.highlight=1793.selectedTab=record.hidesidebar.

:-) Vous pouvez faire un zoom avec la molette de votre souris et vous déplacer dans l’image avec le clic gauche.

Les icones en haut, à gauche de l’image vous permettent d’ajuster le contraste, la luminosité, le niveau de gris …etc et d’ afficher l’image modifiée. (options non disponibles sur smartphone)

-Le 12 juin : la garnison de Condé, réduite par la famine, capitule.

-Le 14 juin :  vers 16H00 York envoie à Ferrand une première sommation de capitulation.

-Le 26 juillet : York envoie une nouvelle sommation. Ferrand réunit les commissaires de la république, les représentants de la ville en un conseil de guerre, Un projet de capitulation en 25 points  est envoyé à York qui en réfute la plus grande partie. Cependant il accepte la proposition de Ferrand de rester 6 jours de plus dans la place pour préparer la transition, il cache le secret espoir que des renforts pourraient  arriver.

La capitulation est signée le 28 juillet, la place est évacuée le 1° Août, l’ennemi entre dans Valenciennes.

Ci dessous une estampe du British Museum.

Vous pouvez l’agrandir en suivant le mode opératoire indiqué dans la colonne de droite.

Copie de 1381417001Source British Museum Image AN-000754285 sous licence Creative commons. CC BY-NC-SA.4.0

  Licence Creative Commons
Cette image est  mise à disposition par le British Museum selon les termes de la Licence Creative Commons Attribution – Pas d’Utilisation Commerciale – Partage dans les Mêmes Conditions 4.0 International.

Analyse de l’ estampe:

En arrière-plan Valenciennes, L’Escaut (Scheldt) coule de la droite vers la gauche (une flèche l’indique). Le camp des confédérés se situait donc sur le Mont d’ Anzin face à la citadelle. La troupe Française serpente avec chariots et canons vers la tente de l’ empereur ( elle est surmontée de l’ aigle à deux têtes). Deux commissaires de la convention saluent bien bas les vainqueurs de la coalition. Derrière eux les soldats Français déposent les armes. Aux milieu d’eux, au premier plan à cheval, le général Ferrand.

La coalition des vainqueurs se disloquera par  suite de mésententes, Paris sera sauvé.

Epilogue:

La suite est une autre Histoire….Valenciennes sera libérée bien sûr, mais ironie de l’Histoire les anglais reviendront à l’attaque du Mont Houy de Famars, mais ce sera  le 28 Octobre 1918 pour tenter d’y déloger cette fois les troupes du Kaiser et libérer Valenciennes.  Ce sera l’assaut des Canadiens  du 2 Novembre 1918 qui sera victorieux.

Voir article de « La Voix Du Nord » ci dessous.

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Valenciennes/actualite/Valenciennes/2008/11/02/article_le-2-novembre-1918-les-canadiens-ont-lib.shtml

Fin de l’article.


NB 1: L’effectif des belligérants varie beaucoup d’une source à l’autre. La position des troupes est souvent imprécise, l’orthographe des villages à changé.

Si vous trouvez des erreurs , (il y en a surement) n’hésitez pas à me les communiquer dans la rubrique « commentaires », vos noms et adresse mail resteront anonyme

NB 2: Depuis le 1er Mai 2014 un résumé de cet article se trouve sur Hainautpédia.

Cliquez sur cette ligne

.

Sources

-Précis de la défense de Valenciennes, en 1793 : auteur ; Le général Ferrand. Livre numérique consultable sur Google Books

-Histoire critique et militaire des guerres de la révolution : auteur  Le Lieutenant général Antoine Henri Jomini. Livre numérique consultable sur Google Books

-Nouveau dictionnaire historique des sièges et des batailles  mémorables, Volume 2 : Daté de 1809 : Livre numérique consultable sur Google Books

-France Militaire : Histoire des armées Françaises de 1792 à 1833. Auteur Abel Hugo daté de 1833 . Livre numérique consultable sur Google Books

Liste des liens (List of Links)
Bataille de Famars- Siége de Valenciennes en 1793.
—–
Guerres de la révolution par le général Jominy Campagnes de 1788 à 1793
http://books.google.fr/books?id=GXguAAAAMAAJ&printsec
—–
France Militaire Histoire des armées Françaises (abel Hugo)
http://books.google.fr/books?hl=fr&id=kiz0-3aL8iUC&q
—–
Nouveau dictionnaire historique des sièges et batailles mémorables
http://books.google.fr/books?id=9ZlFAAAAcAAJ&pg
—–
Histoire critique des guerres de la révolution
http://books.google.fr/books?id=84H18BAhAkMC&pg
—–
Précis de la défense de Valenciennes en 1793 (Général Ferrand)
http://books.google.fr/books?id=mzZdD-k_-IoC&pg

-L’aérodrome de Famars (Guerre 14-18)

Commentaires » 1

___________________________________________________________________________________

1° Information préliminaire.

L’objet de cet article est d’essayer de faire resurgir du passé un aérodrome totalement oublié du Valenciennois. Il ne s’agit pas de l’aérodrome de Prouvy-Rouvignies toujours en activité sur lequel les Valenciennois admirent régulièrement les exhibitions  de la Patrouille de France  ni de celui de Marly-La Briquette inauguré en Juillet 1913.(Encore appelé aérodrome des maisons blanches) ….Bientôt un siècle…. Désaffecté  en 1955 il a laissé la place  à la construction d’immeubles et du centre commercial d’Aulnoy lez Valenciennes.

 Des ainés se souviennent d’y avoir joué sur les pistes désaffectées ou encore de s’y être retrouvés pour le départ du pèlerinage du Saint cordon de Valenciennes.

A Famars il s’agissait d’un terrain  d’aviation militaire allemand de la guerre 14-18. C’était un des terrains auxiliaires créés par l’occupant, l’autre tout proche étant celui de Saultain.

2° Implantation

Le terrain et ses bâtiments (hangars, ateliers, casernements) se trouvaient sur la surface quasiment plane entre les deux monts de Famars : Le Mont Houy et le Rouge Mont, orienté Nord, direction des vents dominants…très utiles à l’époque des débuts des plus-lourds-que-l’air. C’est sur cet emplacement que se construit actuellement le futur Technopole de Valenciennes.(voir autre article de ce blog).

 Les hangars étaient alignés en partie le long de l’ancien mur de l’ oppidium,  des thermes Gallo-romains  et de la  voie Famars –Valenciennes .Voir Image du net  sur le site  des anciens aérodromes.

Site : http://www.anciens-aerodromes.com/?p=8377

Les pavés rouges représentent ces bâtiments.

-L'aérodrome de Famars (Guerre 14-18) dans aviation 14-18 8562784626_61a8040356

Nota : C’est derrière ces murs appelés en 1793 « Camp de César » que le Général Dampierre avait placé ses canons pour défendre la ville de Valenciennes. (Cet épisode fera l’objet d’un autre article sur ce blog)

Ci-après quelques photos (rares) du site FlickR de M. Stefan Kirchberger.

http://www.flickr.com/photos/hdgbw/8450068303/

Ces photos ci dessous  sont sous Licence Créative Commons CC-BY-NC-20

 3°)L’Aérodrome de Famars pendant la guerre 14-18

Ci-dessous une photo datée du 17 Août 1917 avec le texte : « Bomben loch Am ende von flugplatz Famars ».

Traduction : « Trou de bombe au bout de l’aérodrome de Famars ».

8451104478_98638aa2be_b Aviation dans Famars

Quelques vues des hangars sans doute après une attaque aérienne, quelques avions se trouvent encore à l’intérieur.

8450068303_deffb09eb6_b dans histoire

8451155816_208fc11fd1_b1

Autre vue du terrain avec les hangars en arrière plan.

8450016657_e628dea4c9_b

S’agissait-il d’un « crash » ou le résultat d’une attaque aérienne ?.

Gros plan sur l’image ci dessus , et on devine  dans le cercle rouge le Château de Famars avant sa destruction lors du bombardement d’ Octobre 1918.

chafam1

 

Plantage dans un champ de betteraves ; Il faut dire que l’industrie sucrière était très présente à Famars à cette époque.

8451104388_10f68189b2_b

Ci-dessous une dernière photo , les spécialistes devraient pouvoir identifier le nom de cette escadrille grâce au N° inscrit sur la dérive et peut être confirmer que le baron Manfred Von Richthofen ( le baron rouge) serait passé par Famars sur un biplan Albatros ou au manche de son Fokker DrI Triplan peint en rouge vif.

Manfred Von Richthofen connait bien un autre as de l’aviation allemande il s’agit de l’ Hauptmann Martin Zinder commandant la Jasta 1 formée le 22 Août 1916. (Jasta est l’abréviation de  Jagdstaffel  autrement dit Escadron de Chasse) Celle ci est en fait la première et la meilleure Jagdstaffelshule  (école de pilotage) allemande de l’époque. C’est à Famars  à la Jasta 1 que sont formés les pilotes de chasse avant d’être affectés à d’autres unités.

 Les avions utilisés à l’entrainement sont essentiellement des appareils Français capturés lors d’atterrissages en zone occupée ou encore d’appareils réquisitionnés.(des Nieuport 17).

8450068495_5905c125f6_b

Mise à jour du 08/10/2014:

ci dessous photo de Von Richtofen (le Baron Rouge) à Famars, cliquez sur le lien ci dessous:

Von Richtofen à Famars

 

Fin de l’article

Il faut quand même citer une petite anecdote au sujet de « ces merveilleux fous volants dans leur drôle de machine ».

Lors d’un meeting se déroulant sur l’aérodrome de Marly-la-Briquette  le jeudi 10 Octobre 1910, le pilote Bahiat doit se poser peu après son décollage dans une prairie de Famars, les habitants de Famars accourent, l’avion est repositionné, le moteur est remis en marche, Bathiat s’élève et pique droit sur l’aérodrome de Marly . Il atterrit face aux hangars au son de la Marseillaise et des hourras et il offre à ces dames les fleurs cueillies quelques instants plus tôt à Famars.

C’est peut-être à cette occasion  qu’est née l’expression  « les faucheurs de marguerites » en parlant de ces chevaliers du ciel.

 Cette anecdote est reprise du livre :   « Survols. Un siècle d’aviation dans le valenciennois ».

 

Dernière minute : pour info: l’aérodrome de Marly-la-Briquette  fêtera son centenaire les 4 et 5 Mai 2013 : Voir article « La voix du Nord » en cliquant sur le lien ci-dessous.

http://www.lavoixdunord.fr/region/des-cerfs-volants-pour-le-centenaire-de-l-aerodrome-les-ia27b0n1207522

 

.